‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 270 sur 355 · SEPTIME · texte numérisé non relu

SEPTIME

Seigneur... ■"

CÉSAR

Allez , Septimc , allez vers votre maître ; César ne peut souffrir la présence d'un traître , D'un Romain lâche assez pour servir sous un roi , Après avoir servi sous Pompée et sous moi.

(Septime renirc.) CORNÉLIE.

César, car le destin, que dans tes fers je l^rave \

Me fait ta prisonnière, et non pas ton esclave.

Et tu ne prétends pas qu'il m'abatte le cœur

Jusqu'à te rendre hommage, et te nommer seigneur ;

De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappé(;,

Veuve du jeune Crasse et veuve de Pompée ,

Fille de Scipion, et, pour dire encor plus ,

Romaine, mon courage est encore au-dessus;

Et de tous les assauts que sa rigueur me livre ,

Rien ne me fait rougir que la honte de vivre.

J'ai vu mourir F^ompée , et ne l'ai pas suivi ;

Et, bien que le moyen m'en aye été ravi,

Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes

M'aye oté le secours et du fer et des ondes,

Je dois rougir pourtant, après un tel malheur %

De n'avoir pu mourir d'un excès de douleur :

Ma mort était ma gloire, et le destin m'en prive

Pour croître mes malheurs, et me voir ta captive.

Je dois Ijien toutefois rendre grâces aux dieux '

' Vai;. corsai" , car le destin qui m'outre et ([ue je brave.

hiii. Turi»e niori te solo non ]>oss<' dolore. ' Vm;. Kiii(»re ai .!«• ^ujel ilf ilii<Ii<\ p;race aii\ dieux

De ce qu en arrivant je te trouve en ces lieux,

Uue César y commande , et non pas Plolomée.

Hélas ! et sous quel astre, ô ciel , m'as-tu formée,

Si je leur dois des vœux de ce qu'ils ont permis *

Uue je rencontre ici mes plus grands ennemis, [prince

Et tombe entre leurs mains plutôt qu'aux mains d'un

Qui doit à mon époux son trône et sa province ?

César, de ta victoire écoute moins le bruit ; Elle n'est que l'effet du malheur qui me suit ; Je l'ai porté pour dot chez Pompée et chez Crasse ; Deux fois du monde entier j'ai causé la disgrâce ' ; Deux fois de mon hymen le nœud mal assorti ' A chassé tous les dieux du plus juste parti : Heureuse en mes malheurs , si ce triste hyménée Pour le bonheur de Rome à César m'eût donnée ! Et si j'eusse avec moi porté dans ta maison D'un astre envenimé l'invincible poison ! Car enfin n'attends pas que j'abaisse ma haine. Je te l'ai déjà dit, César, je suis Romaine; Et quoique ta captive, un cœur comme le mien , De pour de s'oublier, ne te demande rien. Ordonne; et, sans vouloir qu'il tremble ou s'humilie, Souviens-toi seulement que je suis Cornélie.

CÉSAR

0 d'un illustre époux noble et digne moitié Dont le courage étonne, et le sort fait pitié ! Certes, vos sentiments font assez reconnaître Qui vous donna la main , et qui vous donna l'être ;

' Vak. si je (lois grâce aui dieux de ce (luils ont iierini:».

' iMiT. IJis noriii iniindo.

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A « ails.» iiH'liore dros.

' Imii. Oiilinam in llialainos iiivisi (jrs.ins i»ein

liiltli\ <<Mijii\, cl nulli l.i'la niariln !

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