SCÈNE
CÉSAR, CLÉOPATRE, ANTOINE, LÉPIDE, CHARMION, AGHORÉE, romains.
CÉSAR
Reine, tout est paisible; et la ville calmée.
Qu'un trouble assez léger avait trop alarmée .
N'a plus à redouter le divorce intestin
Du soldat insolent et du peuple mutin.
Mais, ô dieux! ce moment que je vous ai quittée
D'un trouble bien plus grand a mon âme agitée ;
Et ces soins importuns, qui m'arrachaient de vous,
('outre ma grandeur même allumaient mon courroux.
Je lui voulais du mal de m'ôti'e si contraire ,
De rendre ma présence ailleurs si nécessaire ;
Mais je lui pardonnais , au simple souvenir
' Vah. Je ne me vanlc pas de le pouvoir fléchir. ^ YAI5. Je cniins que de nouveau nia présence l'ilrrile ; Elle iwurrait l'aiçtjr, au lieu de l'émouvoir.
Du i)()iihour qu'à ma tlainmeello l'ait ol)tenir. C^est elle dont je tiens cette haute espérance Oui flatte mes désirs d'une illustre apparence , Et lait croire à César qu'il peut former des vœux , Qu'il n'est pas tout à fait indigne de vos feux , Et qu'il peut en prétendre une juste conquête ' . N'ayant plus que les dieux au-dessus de sa tète. Oui^ reine, si quelqu'un dans ce vaste univers Pouvait porter plus haut la gloire de vos fers; S'il était quelque trône où vous pussiez paraîtiH- Plus dignement assise en captivant son maître \ J'irais, j'irais à lui , moins pour le lui ravir, Que pour lui disputer le droit de vous servir; Et je n'aspiremis au bonheur de vous plaire Qu'après avoir mis bas un si grand ad versai i\î '. (tétait pour acquérir un droit si précieux Que combattait partout mon bras ambitieux ; Et dans Pharsale même il a tiré 1 épée Plus pour le conserver que pour vaincre Pompée. Je l'ai vaincu , princesse; et le dieu des combats M'y favorisait moins que vos divins appas; Ils conduisaient ma main , ils enflaient mon courage Cette pleine victoire est leur dernier ouvrage : C'est l'effet des ardeurs qu'ils daignaient m'inspirer; Et vos beaux yeux enfin m'ayant fait soupirer. Pour faire que votre àme avec gloire y réponde , jM'ont rendu le premier et de Kome et du monde, (^est ce glorieux titre, à présent effectif. Que je viens ennoblir par celui de captif : Heureux si mon esprit gagne tant sur le vùtre Qu'il en estime l'un et me perm(itt(! l'autre!
' V\K. Et (|irU en peut pr«>tcniirt; iiuc jusle coiM|Uel< . ' V,\i! Plus hautement Asuist en caplivaat ^m niaitn'. ' >AK. <^)n Hpn.s avoii iiii>» lia> un >>i ili;;nf ,ul\<T>aii»'.