‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 28 sur 355 · E CID · texte numérisé non relu

E CID

A qui venge son père il n'est rien d'impossible' : Ton bras est invaincu , mais non pas invincible.

LE COMTE

Ce grand cœur qui parait aux discours que tu tiens

Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens,

Et croyant voir en toi l'honneur de la Castille

Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.

Je sais ta passion , et suis ravi de voir

Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir ;

Qu'ils n'ont point affaibli cette ardeur magnanime;

Que ta haute vertu répond à mon estime;

Et que , voulant pour gendre un cavalier parfait^,

Je ne me trompais point au choix que j'avais fait.

Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse.

J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse.

Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal;

Dispense ma valeur d'un combat inégal;

Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire,

On te croirait toujours abattu sans effort;

Et j'aurais seulement le regret de ta mort.

D. RODRIGUE

D'une indigne pitié ton audace est suivie :

Qui m'ose ôter l'iionneur craint de m'ôter la vie!

LE COMTE

Retire-toi d'ici.

1). RODRIGUE

Marchons sans discourir.

LE COMTE

Es-tu si las de vivre?

D. RODRIGUE

As-tu peur de mourir?

' V\u. A (lui vcnRc son pure , il ucst rien impossible. ' Vaiî. Et (jue, voulant pour K»'n<Ire un clKv.ilicr parfait.

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