‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 297 sur 355 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

DORANTE, CLITON

DORANTE

A la lin j'ai quitté la robe pour l'épée : L'attente où j'ai vécu n'a point été trompée ; Mon père a consenti que je suive mon choix^ Et j'ai fait banqueroute à ce fatras de lois. Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, Le pays du beau monde et des galanteries, Dis-moi, me trouves-tu bien fait en cavalier ? Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier - ? Comme il est malaisé qu'aux royaumes du code On apprenne à se faire un visage à la mode , J'ai lieu d'appréhender...

CLITON

Ne craignez rien pour vous ; Vous ferez en une heure ici mille jaloux. Ce visage et ce port n'pnt point l'air de l'école , Et jamais comme vous on ne peignit Barthole : Je prévois du malheur pour beaucoup de maris.

Les variantes sont tirées de l'édition de 1644, (Lef.... ) Vah. Ma mine a-t-elle rien qui sente l'écolier?

Qui revient comme moi des royaumes du code Rapporte rarement un visage à la mode.

CLITOJI

Cette règle, monsieur, n'est pas faite pour vous.

400 LE MEiMEUR.

Mais que vous semble encor maintenant de Paris?

DORANTE

J'en trouve Fair bien doux, et cette loi bien rude Uni m'en avait banni sous prétexte d'étude.

Toi, qui sais les moyens de s'y bien divertir, Ayant eu le bonheur de n'en jamais sortir \ Dis-moi comme en ce lieu l'on gouverne les dames.

CLITON

C'est là le plus beau soin qui vienne aux belles âmes,

Disent les beaux esprits. Mais, sans faire le lin.

Vous avez l'appétit ouvert de bon matin !

D'hier au soir seulement vous êtes dans la ville,

Et vous vous ennuyez déjà d'être inutile !

Votre humeur sans emploi ne peut passer un joui*,

Et déjà vous cherchez à pratiquer Tamour !

Je suis auprès de vous en fort bonne posture

De passer pour un homme à donner tablature ;

J'ai la taille d'un maître en ce noble métier,

Et je suis, tout au moins, l'intendant du quartier

DORiVNTE.

Ne t'effarouche point : je ne cherche, à vrai "dire , Que quelque connaissance où l'on se plaise à rire , Qu'on puisse visiter par divertissement , Où l'on puisse en douceur couler quelque momeiil. Pour me connaître mal, tu prends mon sens à gauche

CLITON

J'entends, vous n'êtes pas un homme de débauche , Et tenez celles-là trop indignes de vous Que le son d'un écu rend trai tables à tous : Aussi que vous cherchiez de ces sages co(|uetles Où peuvent tous venants débiter leurs lleurelles ',

' Vmi. Ayant eu le lioiilieur (|ut' de n'en point sortir. ' \ \n. Oui bornent <jij haliil leurs faveurs plus secrètes, Sans "|u'il vous s(»il permis He jouer »pie ilcs yeux.

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