‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 302 sur 355 · DORANTE, CLAHICE, LUCRÈCE, ISABELLE · texte numérisé non relu

DORANTE, CLAHICE, LUCRÈCE, ISABELLE

C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne.

Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,

C'est-à-dire du moins depuis un an entier.

Je suis et jour et nuit dedans votre quartier;

Je vous cherche en tous lieux, aux bals, aux promenades :

Vous n'avez que de moi reçu des sérénades :

Et je n'ai pu trouver que cette occasion

A vous entretenir de mon affection.

CLARICE

Quoi! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre?

DORANTE

Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre .

CLITON

Que va-t-il lui conter?

DORANTE

Et durant ces quatre ans * 11 ne s'est fait combats, ni sièges importants; Nos armes n'ont jamais remporté de victoire. Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire ; Et même la gazette a souvent divulgué... ^.

CLITON, le tir.nt par la basque.

Savez- vous bien, monsieur, que vous extravaguez?

DORANTE

Tais-toi.

' V\ii Et durant tout ce temps.

' Vat.. Et la gazette même a souvent divulgué...

CLITON

Vous rêvez, dis-je, ou...

DORANTE

Tais-toi, misérable.

CLITON

Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ; Vous en revîntes hier.

DOBANTE, à Cliton.

Te tairas-tu, maraud^ ?

(à Clarice. )

Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice ; Et je suivrais encore un si noble exercice, N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour% Je vous vis, et je fus retenu par l'amour. Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ; Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes; Je leur livrai mon ame ; et ce cœur généreux Dès ce premier moment oublia tout pour eux. Vaincre dans les combats , commander dans l'armée , De mille exploits fameux enfler ma renommée, Et tous ces nobles soins qui m'avaient su ravir, Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.

ISABELLE , à Clarice tout bas.

Madame , Alcippe vient; il aura de l'ombrage ^

Nous en saurons, monsieur, quelque jour davantage.

• Vah Maraud, tetairas-lu?

( a Clarice. )

Avec assez d'Iionneur j'ai souvent conibattu ,

Et mon nom a fait bruit peut-ôtre avec justice.

CLMlICi:.

Qui vous a fait(|uitttT un si noble exercice? ' Vah. Revenu l'autre hiver pour faire ici ma cour. ^ V\n. Mad.'iiiH-, Alcippe ;i[)procb(' ; il aura de roinltra^f!

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