ACTE II, SCENE VI. et
Et faire un attentat sur le pouvoir suprême. N'en parlons plus. Au reste^ on a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux; Vers la bouche du fleuve ils ont osé paraître.
D. ARIAS
Ees Maures ont appris par force à vous connaître, Et, tant de fois vaincus, ils ont perdu le caxir De se plus hasarder contre un si grand vainqueur'
Us ne verront jamais, sans quelque jalousie.
Mon sceptre, en dépit d'eux, régir l'Andalousie ;
Et ce pays si beau qu'ils ont trop possédé.
Avec un œil d'envie est toujours regardé.
C'est l'unique raison qui m'a fait dans Séville
Placer depuis dix ans le trône de Castille,
Pour les voir de plus près, et d'un ordre plus prompt
Renverser aussitôt ce qu'ils entreprendront.
D. ARIAS
Ils savent aux dépens de leurs plus dignes têtes* Combien votre présence assure vos conquêtes : Vous n'avez rien à craindre.
Et rien à négliger.
Le trop de confiance attire le danger.
Et vous n'ignorez pas qu'avec fort peu de peine- Un flux de pleine mer jusqu'ici les amène. Toutefois j'aurais tort de jeter dans les cœurs, L'avis étant mal sûr, de paniques terreurs. L'effroi que produirait cette alarme inutile. Dans la nuit qui survient troublerait trop la ville :
' Var. Sire , ils ont trop appris aux dépens de leurs têtes.
2 Var. Et le même ennemi que Von vient de détruire, ,
S'il sait prendre son temps , est capable de nuire.
r,2 LE CID.
Faites doubler la garde aux murs ci sur le port'. C'est assez pour ce soir.