ACTE IV, SCErsK I
Mais don Diègue , ravi , lui présente enchaînés , Au nom de ce vainqueur, ces captifs couronnés, Et demande pour grâce à ce généreux prince Qu'il daigne voir la main qui sauve la province.
CHLMÈNE.
Mais n'est-il point blessé?
EL VIRE
Je n en ai rien appris.
Vous changez de couleur! reprenez vos esprits.
CHIMÈNE
Reprenons donc aussi ma colère affaiblie :
Pour avoir soin de lui , faut-il que je m'oublie?
On le vante , on le loue , et mon cœur y consent :
Mon honneur est muet, mon devoir impuissant!
Silence, mon amour, laisse agir ma colère;
S'il a vaincu deux rois, il a tué mon père ;
Ces tristes vêtements, où je lis mon malheur.
Sont les premiers effets qu'ait produits sa valeur;
Et, quoi qu'on die ailleurs d'un cœur si magnanime ^,
Ici tous les objets me parlent de son crime.
Vous qui rendez la force à mes ressentiments ,
Voile , crêpes , habits , lugubres ornements,
Pompe où m'ensevelit sa première victoire ,
Contre ma passion soutenez bien ma gloire ;
Et lorsque mon amour aura trop de pouvoir.
Parlez à mon esprit de mon triste devoir.
Attaquez sans rien craindre une main triomphante.
ELVIRE
Modérez ces transports, voici venir l'infante.
^ V.vu. Et combien que pour lui tout un peuple s'anime.