SCÈNE
L'INFANTE, GHIMÈNE, LÉONOK, ELVIRE.
l'infante.
Je ne viens pas ici consoler tes douleurs ;
Je viens plutôt mêler mes soupirs à tes pleurs.
CUIMÈNE.
Prenez bien plutôt part à la commune joie,
Et goûtez le bonheur que le ciel vous envoie ,
Madame : autre que moi n'a droit de soupirer.
Le péril dont Rodrigue a su nous retirer %
Et le salut public que vous rendent ses armes,
A moi seule aujourd'hui souffrent encor les larmes ' :
Il a sauvé la ville^ il a servi son roi ;
Et son bras valeureux n'est funeste qu'à moi.
l'infante.
Ma Chimène, il est vrai qu'il a fait des merveilles.
CHIMÈNE
Déjà ce bruit fâcheux a frappé mes oreilles; Et je l'entends partout publier hautement Aussi brave guerrier que malheureux amant.
l'infante.
Uu'a de fâcheux pour toi ce discours populairci ! Ce jeune Mars qu'il loue a su jadis te plaire ; Il possédait ton àme, il vivait sous tes lois : Et vanter sa valeur, c'est honorer ton choix.
CIUMÈNE.
Chacun peut la vanter avec quelque justice' , Mais [)our moi sa louange est un nouveau supplice. (Ml aigrit ma douleur en l'élevant si haut :
' V\n. Le |)«jril (loiil Ilodrifiuc a su vous retirer.
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