‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 57 sur 355 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

L'INFANTE, GHIMÈNE, LÉONOK, ELVIRE.

l'infante.

Je ne viens pas ici consoler tes douleurs ;

Je viens plutôt mêler mes soupirs à tes pleurs.

CUIMÈNE.

Prenez bien plutôt part à la commune joie,

Et goûtez le bonheur que le ciel vous envoie ,

Madame : autre que moi n'a droit de soupirer.

Le péril dont Rodrigue a su nous retirer %

Et le salut public que vous rendent ses armes,

A moi seule aujourd'hui souffrent encor les larmes ' :

Il a sauvé la ville^ il a servi son roi ;

Et son bras valeureux n'est funeste qu'à moi.

l'infante.

Ma Chimène, il est vrai qu'il a fait des merveilles.

CHIMÈNE

Déjà ce bruit fâcheux a frappé mes oreilles; Et je l'entends partout publier hautement Aussi brave guerrier que malheureux amant.

l'infante.

Uu'a de fâcheux pour toi ce discours populairci ! Ce jeune Mars qu'il loue a su jadis te plaire ; Il possédait ton àme, il vivait sous tes lois : Et vanter sa valeur, c'est honorer ton choix.

CIUMÈNE.

Chacun peut la vanter avec quelque justice' , Mais [)our moi sa louange est un nouveau supplice. (Ml aigrit ma douleur en l'élevant si haut :

' V\n. Le |)«jril (loiil Ilodrifiuc a su vous retirer.

' V\R. A moi seule aujourd'hui permet encor les iai un -.

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