‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 74 sur 355 · ACTE V, SCKNE V. U · texte numérisé non relu

ACTE V, SCKNE V. U

FT.VIRF.

<.arJoz, pour vous puuir do cet orgueil étrange, Que le ciel à la fin ne souffre qu'on vous venge. Uuoi : vous voulez encor refuser le bonheur De pouvoir maintenant vous taire avec honneur? Uue prétend ce devoir, et qu'est-ce qu'il espère? La mort de votre amant vous rendra-t-ellc un père? Est-ce trop peu pour vou*^ que d'un coup de malheur? Faut-il perte sur perte , et douleur sur douleur? Allez, dans le caprice où votre humeur s'obstine, Vous ne méritez pas ram^mt qu'on vous destine ; Et nous verrons du ciel l'équitable courroux ^ Vous laisser, par sa mort, don Sanche pour époux

CHÏMÈXE.

Elvire, c'est assez des peines que j'endure ; Ne les redouble point par ce funeste augure. Je veux, si je le puis, les éviter tous deux; Sinon , en ce combat Rodrigue a tous mes vœux : Non qu'une folle ardeur de son côté me penche; Mais, s'il était vaincu, je serais à don Sanche. Cette appréhension fait naître mon souhait... Que vois-je! malheureuse'. Elvire, c'en est fait.

SCÈÎNE V.

D. SANCHE, CHÏMÈNE ELVIRE.

p. SANCHE.

Obligé d'apporter à vos pieds cette épée ^ . .

Lui gagnant un laurier, vous impose silence. ' V\R. Et le ciel, ennuyé d'un supplice si doux *.

Vous lairra , par sa mort , don Sanche pour époux, -' V\R. Madame . i vos genoux j'apporte cette épée.

" Et noiis verroa» le ciel , mii d'un juste romroiix , Vous taissrr...

tOWMiLLE. — T. I. 8

CHIMÈNE

Quoi ! du sang de Rodrigue encor toute trempée ! Perfide, oses-tu bien te montrer à mes yeux, Après m'avoir ôté ce que j'aimais le mieux? Éclate, mon amour, tu n'as plus rien à craindre ; Mon père est satisfait, cesse de te contraindre; Un même coup a mis ma gloire en sûreté , Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté.

D. SANCHE

D'un esprit plus rassis. ..

cnniÈNE.

Tu me parles encore.

Exécrable assassin d'un héros que j'adore ! Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant '. N'espère rien de moi, tu ne m'as point servie; En croyant me venger, tu m'as ôté la vie.

D. SANCHK.

Étrange impression, qui, loin de m'écouter...

CIIIMÈIVE.

Veux-tu que de sa mort je t'écoute vanter,

' Apn-scc vers se tnmvaicnt , Mans les premii-res «Slitioiis, les suivants , <iiie Corneille a supprimés :

Mais, madame, écoutez.

Que vt'ux-lu que jt'CoiiU'.* Apn-s ee (|ue je vois , puis-je être encore en doute ? J'obtiens, pour mon niallieur, ce (|ue j'ai (lemanili'". Et nu juste ifoursuite a trop Itir-n suc('('\lt!-. rardonne , cher amant , à sa rigueur sanslanle ; Songe qiM: je suis lillc aussi bien eoinn»; amante • Si j"ai vetigé mon père aux d«''|>ens (b; ton san^ . Du mien, p(mr te venger, j'épuiserai mon liane. Mon .Ime (l€st)rmais n'a rien (pii la relicnnc ; Elle ira recevoir ce i>ardon de la tieime. Et toi , (jui ine pn'-tends aeipK'rir par sa mori , Ministre déloyal «le mon ri^om.nx sort.

N'csprre rien de moi.

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