ACTE l, SCE^iL 11. Hï
Charmé des doux peiisers d'hymen et de ki paix; La nuit a dissipé des erreurs si charmantes; Mille songes affreux, mille images sanglantes, Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur. M'ont arraché ma joie et rendu, ma terreur. J'ai vu du sang, des morts, et. n'ai rien vu de suite ; Un spectre en paraissant prenait soudain la fuite ; Us s'effaçaient l'un l'autre; et chaque illusion Redoublait mon effroi par sa confusion .
JULIE
C'est en contraire sens qu'un songe s'interprète.
CAMILLE
Je le dois croirer ainsi , puisque je le souhaite; Mais je me trouve enfin, malgré tous mes souhaits. Au jour d'une bataille, et non pas d'une paix.
JULIE
Par là finit la guerre , et la paix lui succède.
CAMILLE
Dure à jamais le mal, s'il y faut ce remède!
Soit que Rome y succombe ou qu'Albe ait le dessous ,
Cher amant , n'attends plus d'être un jour mon époux ;
Jamais, jamais ce nom ne sera pour un homme
Qui soit ou le vainqueur ou l'esclave de Home ^
Mais quel objet nouveau se présente en ces lieux ? Est-ce toi, Curiace? en croirai-je mes yeux?