‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 102 sur 228 · ACTE III, SCENE III. • iSy · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III. • iSy

Pratiquez le premier ce qu'on vous entend dire : De deux jeunes amants ne troublez poiut la paix; Et ne vous signalez qu'à force de bienfaits. Quel plaisir aurez- vous de me voir malheureuse?

ÉSOPE

Qu'une fille a d'esprit quand elle est amoureuse ! On ne peut s'exprimer en des termes plus doux. Vous n'avez pas eu peur de me rendre jaloux. En parlant. d'Agénor vous aviez des extases. Et l'amour vous aidoit à bien tourner vos phrases. Monsieur le gouverneur, que je vais bientôt voir, IVe balancera point à faire son devoir. Je vous ai près de lui déjà rendu service; Je vous promets encore un aussi bon office. Vous verrez quel amant vous sera réservé.

EUPHROSI.\E.

Et moi qui vous connois pour un fourbe achevé. Moi qui de votre fraude ai sujet de me plaindre. Moi qui ne sais qu'aimer et qui ne sais point feindre , Je vous déclare ici qu'Agénor a ma foi. Que je suis tout à lui, comme il est tout à moi; Que toute la grandeur où le roi vous appelle N'aura pas le pouvoir de me rendre infidèle ; Et que si de mon père on aigrit le courroux , J'épouserai la mort plus volontiers que vous. Vous m'épouvantez plus (pi'elle ne m'épouvante. Adieu.

[Elle sort. )

i(.(i LES FABLES D'ÉSOPE.

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