‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 11 sur 228 · MADAME GUILLEMOT, ORONTE, JASMIN · texte numérisé non relu

MADAME GUILLEMOT, ORONTE, JASMIN

Mine GUILLEMOT.

Est-ce VOUS qui faites le Mercure, Monsieur?

O RONTE.

Oui , madame.

Mille GUILLEMOT.

Oui? l'aveu m'en semble bon.

En avez-vous besoin, madame?

Mme GUILLEMOT.

Qui? moi? non.

A moins d'être d'un goût insipide et malade. Peut-on s'accommoder d'une chose si fade?

ORONTE

Ah , ah ! voici d'un style un peu rude.

Mme GUILLEMOT.

Pour vous.

Quelque rude qu'il soit, il est encor trop doux.

ORONTE

Je crois qu'avec raison vous êtes en colère , Mais je ne sais par où je vous ai pu déplaire. Je m'examine en vain, et vous m'embarrassez.

Mllie GUILLEMOT.

Regardez mon habit, il vous en dit assez. Ne l'entendez-vous pas?

OR ON TE

Non , je vous le confesse.

Mine GUILLEMOT.

0 ciel ! que vous avez l'intelligence épaisse ! Puisqu'il faut avec vous ne rien dissimuler, On dit que c'est de moi que vous vouliez parler, Quand certaine bourçeoise , à qui la mode est douce , Pour être en cramoisi fit défaire une hou.sse.

De vous?

Mme GLILLEMOT.

J'en défis une et ue m'en cache pas.

J'avois un lit fort ample , et d'un beau taffetas; A force d'être large, il étoit incommode, Et le tapissier Bon le remit à la mode. Par les soins que je pris, j'eus de reste un rideau; Le cramoisi réguant, j'en fis faire un manteau. Voilà la vérité, comme elle est dans sa source. Et non que mon mari m'ait refusé sa bourse. Pour le mot de bourgeobe, un peu trop répété, Les bourgeois de ma sorte ont de la qualité : Quand vous voudrez écrire , ajustez mieux vos contes , Et sachez que je suis auditrice des comptes.

OUONTE.

Quand je fis cet article, il le faut avouer. Mon unique dessein étoit de me jouer : Je ne présumois pas, en contant cette fable, Qu'elle dût par vos soins devenir \éritable. Loin de vous en blâmer, j'atlmirc votre esprit De trouver un manteau dans un rideau de lit ;

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