‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 137 sur 228 · ACTE V, SCENE III. su · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III. su

« Je n'ai iii frère ni sœur. — « Oh bien '. qui que ce soit, il faut que je me venge : « Je suis las d'écouter tout ce que tu me dis. » Lors j sans plus de raison, il l'égorgé et le mange.

Force grands font de même à l'égard des petits; N'et-il pas vrai?

coLiNETTEjà Pierrot.

Piarrot, le joli petit conte !

PIERROT

Eh ! fi ! mordié ! le loup devroit mourir de honte : L'agneau buvoit à part , et ne lui disoit mot.

Éso PB.

Ma pauvre Colinette, et mon pauvre Pierrot, Voilà comme , à peu près , par le commun usage, Font envers leurs vassaux les seigneurs de village. Quand d'un bois ou d'un champ il leur plaît un morceau. Des agneaux malheureux troublent toujours leur eau; Et pour peu qu'on résiste aux raisons qu'ils se forgent, Non contents de les tondre, ou voit qu'ils les égorgent. Il sera bientôt nuit, et vous êtes de loin; Adieu. De cet enfant ayez beaucoup de soin : Je ne partirai point sans lui rendre justice.

PIERROT

Ecoutez, je savons comme on paie un sarvice : Si vous en usez bien , à biau jeu biau retour.

COLINETTE.

N'allez point i^ous bailler d'eau bénite de cour.

On dit qu'en ce lieu-là l'on fait semblant qu'on s'aime,

Etque promettre et rien, c'est quasiment de même.

212 LES FABLES DÉSOPE.

Allez, je suis sincère , et !e suis en tout lieu.

PIERROT

Adieu; je vous quittons : voici du monde.

ÉSOPE

Adieu.

PIERROT, à pari.

Mordié! plus je le vois, moins je devine comme On a rais tant d'esprit clans un si vilain homme. ( Pierrot et Colinette sortent avec l'enfant. )

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