ACTE II, SCÈNE I. aSi
J'aime à ine divertir, à folâtrer, à rire ;
î- 1 par-tout où je vais, les filles que je voi,
A peu près de même âge, ont même goiit ijue moi.
c'est de vous que je tiens qu'mie fille avisée
Doit avoir un air libre, une manière aisée;
Rt qu'il n'est presque rien dont on ne vienne à bout
Lorsque avec bienséance on s'accommode à tout.
De quoi vous plaignez-vous? je suis votre doctrine.
Veut-on rire, je ris; badiner, je badine;
Mais dans tous les plaisirs dont je vous fais l'aveu.
Ce n'est qu'amusement, qu'innocence , que jeu.
ÉSOPE
Ah! Rhodope, Rhodope, à qui j'avois envie
De donner les moments les plus chers de ma vie ,
Mon cœur qui sans tendresse auroit moins de courroux,
Préviendroit vos raisons , s'il en étoit pour vous.
Je ne me souviens point de vous avoir instruite
A vivre sans égards, sans pudeur, sans conduite ;
Mais je me souviens bien de vous avoir appris
Qu'un orgueil ridicule attiroit du mépris.
Qu'un air libre, enjoué seyoit bien à votre âge;
Mais Rhodope, un air libre est-ce un libertinage?
Et , dans ce que je fais ni dans ce que j'écris ,
Me voit-on d'aucun vice infecter les esprits?
Si d'un remords , au moins , vous vous sentez capable ,
Profitez des leçons que contient cette fable;
Et voyez à quel point on doit être confus
D'avoir eu de l'honneur et de n'en avoir plus.
3f>a ÉSOPE A LA COUR.