ACTE HT, SCÈNE III
Que du lion captif il brise le lien , '
Pour le n-conipeuser de sa miséricorde.
Princes, qui, pouvant tout, vous croyez tout permis, Aux malheureux soyez toujours propices.
Tels que l'on croit d'inutiles amis, Dans le besoin rendent de bons services.
Eh bien! seigneur, mes vœux seront-ils exaucés?... Vous ne répondez rien?
CRÉSUS
C'est te répoudre assez.
Le lion me prescrit ce qu'il faut que je fasse : Je dois, roi comme lui, comme lui faire grâce. Qu'lphis de mon courroux n'appréhende plus rien; Puisc[u'il est ton ami, je veux être le sien.
Seigneur!...
CRÉSUS
Je te défends d'oser ouvrir la bouche Pour me persuader que ma bouté te touche. Le plaisir le plus grand , trop long-temps attendu ,
I Par celui qui le fait est toujours trop vendu;
I Et c'est, je te l'avoue, une tache à ma vie D'avoir été si lent à remplir ton envie. « Fais-moi , je t'en conjure , un plaisir à ton tour. «Iphicrate, autrefois l'ornement de la cour, « Qui se fait estimer de tous ceux qui le voient, « Va te rendre visite , et les dieux te l'envoient. «Jamais plus honnête homme à tes yeux n'a paru;
<i Mais apprends sa foiblesse , il n'a jamais rien cru.
« C'est le cœur le mieux fait que le ciel ait vu naître,
« L'ami le plus ardent que l'on puisse connoître,
« Généreux, magnifique, affable, officieux;
« Pour tout dire, accompli, s'il pouvoit croire aux dieux
« Il vient ; de son erreur fais-lui voir l'injustice.
« Je l'aime , et c'est à moi que tu rendras service. »
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