ACTE III, SCÈNE IV
.. C'est presque ainsiquerhoiame en use envers les dieux: « Pour en croire il attend qu'il soit malade ou vieux. « Jusqu'au moment funeste où leur vengeance arrive, « Il les croit impuissants, voyant leur foudre oisive; « Et pour les apaiser fait des cris éclatants , « Quand ils sont fatigués et qu'il n'en est plus temps. « La clémence des dieux, dont on voit tant de preuves, « Est semblable à peu près à ces paisibles fleuves ■< Qui n'ont pu résister au temps rude et fatal « Qui tient leurs tlots captifs sous un mur de cristal : « Jusques à certain poids , qu'on y passe et repasse , " On est en sûreté sur leur épaisse glace; " Mais lorsqu'on la surcharge elle fond sous nos pas, « Et qui tombe dessous ne s'en retire pas. « Voilà ce que je crois.
IPHICRATE
Monsieur, cessons, de grâce!
« Ce discours vous fatigue autant qu'il m'embarrasse. " A lutter contre vous j'applique en vain mes soins, « Si vous ne m'abattez, vous m' ébranlez au moins. « Mais quel fruit, après tout, auroit votre victoire? " Croire comme l'on fait, par exemple, est-ce croire? « A parler sans contrainte et d'un cœur ingénu, " Quel dieu, hors la fortune, à la cour est connu? » Pour peu que l'on y prie, on est toujours en garde: •■ On observe avec soin si le prince y regarde; « Et lorsque par hasard on rencontre ses yeux , « C'est lui que l'on invoque encor plus que les dieux... " .\dieu; je sors d'ici plein de votre mérite :
« Souffre» que je vous rende encore une visite ; « Je crois, par les efforts que vos bontés feront , <■ Si mes yeux sont fermés , qu'ils se défermeront. « Je demande un jour fixe encor cette semaine.
ÉSOPE
« Non , monsieur, je saurai vous en sauver la peine; « Et je vous promets bien, pour vous faire ma cour, « Que j'irai vous trouver jusqu'en votre séjour.
IPHI en ATE.
« Vous.monsieur? Plût aux dieux, que j e coimnence à croire,
« Que vous me voulussiez accorder cette gloire!
« c'est un endroit riant dans la belle saison :
« Les ondes du Pactole entourent la maison ;
« On y voit d'un coup d'oeil le printemps et l'automne,
« Les richesses de Flore et les dons de Pomone;
« Et je ne vous dis point le plaisir que j'aurai
« A vous y recevoir le mieux que je pourrai.
« Précipites l'honneur que vous voulez me faire.
« Adieu.
( Il sort. )