‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 20 sur 228 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Si je suis par vos soins à l'abri de la hart. Du butin que j'ai fait vous aurez votre part. Et cent louis...

OR ON TE

Monsieur, en ra'offrant cette somme , Vous oubliez, je crois, que je suis honnête homme. Et si je l'étois moins que je ne le prétends , Vous passeriez peut-être assez mal votre temps. Vous offrez cent louis pour vous faire un asile; Et qui vous fera prendre est sûr d'en gagner mille : On les donne, ou vous cherche, il n'est rien plus certain, Et vous vous appelez monsieur de Longuemain. C'est un sensible appât qu'une somme si forte; Je n'ai pour la gagner qu'à fermer cette porte : Mais allez, sauvez-vous, et ne m'apprenez pas En quel lieu le destin va conduire vos pas. Que sais-je si demain j'aurois encor la force De pouvoir résister à cette douce amorce? Rien ne peut vous sauver, si l'on vous pousse à bout. Pour vous mettre en repos , restituez le tout. Mais il faut vous hâter. Si vous vous laissiez prendre, Il ne seroit plus temps de s'offrir à tout rendre; On vous y forceroit, et vous seriez pendu.

LONGUEMAIN

Ne me pendrois-je pas si j'avois tout rendu? Un bien de ses aïeux qu'un héritage amène. Comme il vient sans travail, peut se perdre sans peine; Mais un bien étranger, que le plus grand bonheur Ne peut faire acquérir qu'aux dépens de l'honneur; Vn bien qui m'a coûté plus de soins et d'alarmes

Qu'à mes yeux éblouis il n'étaloit de charmes ; Enfin , pour expliquer la chose comme elle est. Un bien que j'ai volé, puisque ce mot vous plaît; Quand tout est essuyé, me parler de tout rendre. C'est un pire destin que de se laisser pendre. Je renonce au secours d'un tel médiateur. Et suis de vos conseils très humble serviteur. S'il faut être pendu , ce n'est pas une affaire.

(// sort.)

ORONTE, seul.

Ce monsieur le commis a l'air patibulaire : Si je ne suis trompé, sa mort fera du brait.

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