ACTE IV, SCENE IV. 3o
Ésope.
Pour eu obliger ii|i faut-il en perdre uu autre? Il n'est rien de si beau que d'être généreux. Vous auriez du scrupule à faire un malheureux.
CLÉON
Bon ! c'est bien à la cour que l'on a du scrupule I Ou cherche à s'avancer, sans soir qui l'on recule. 11 n'est point de moment où l'on ne soit au guet. Pour y mettre à profit les faux pas qu'on y fait; Et pounu qu'à sou but un courtisan arrive. On l'applaudit toujours, quelque route qu'il suive. Aller à la fortune est mou unique fin.
ÉSOPE
Allez-y, croyez-moi, par un autre chemin.
Crésus, des potentats l'un des plus équitables,
A qui , depuis uu au , j'ai dédié mes fables ,
Se fait lire avec soin , le matin et le soir,
Celles que sans foiblesse un grand roi peut savoir;
Et le plus lâche crime étant la calomnie.
Pour ne pas un moment la laisser impunie.
Il s'est fait un devoir d'apprendre celle-ci.
Quel bonheur, si les rois en usoieut tous ainsi !
L'envie, au désespoir honteusement réduite,
De leurs paisibles cours prendroit bientôt la fuite.
Écoutez.
.'oi ESOPE A LA COUR.