‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 127 sur 288 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

CIDALISE, MARTHON.

MARTHOK.

Vous avez mis Eraste au désespoir.

Ce n'est point cela à présent dont il est question. Que fait mon oncle? que dit-il ?

MARTHO>'.

Votre oncle est parti pour aller trouver votre père.

CIDALISE

Pour aller trouver mon père?

MARTHOS.

Rien n'est plus assure'.

CIDALISE

Qui te l'a dit ?

MARTHON.

Personne : mais il est sorti à six chevaux, il a pris sa petite calèche; où voudriez-vous qu'il allât?

CIDALISE

Il y a bien de l'apparence à ce que\u dis. J'ai peur de quelque extravagance. C'est un homme dont je crains tout.

MARTHON.

On appelle cela justement avoir peur de son ombre. Que vous peut-il faire?

CIDALISE

Il étoit ce matin dans une furieuse colère.

Il étoit, il y a huit jours, dans une rage effroyable.

CIDALISE

Quand donc? Je ne m'en souviens point.

M ARTHO>'.

Vous avez bientôt perdu la mémoire. Quoi! vous avez oublié cette charmante nuit où tous les éléments se déchaînèrent pour nous faire enrager; cette nuit où le vent, l'eau et le vin nous causèrent tant de désordre ; point de flambeaux , plus de laquais, le cocher ivre-mort, ses chevaux et nous au milieu d'un bourbier?

CIDALISE

Ce jour que nous revînmes à huit heures du matin?

MARTHON.

Celui-là même. Ne vous souvient-il point non

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