‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 14 sur 288 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

intérêt. Je n'aurois qu'à me taire, vraiment, sur cent questions que l'on me fait: «Mon pauvre ««Pasquin, me dit l'une, tiens voilà une bague; «je te prie, apprends-moi ce que fait ton maître. "A quelle heure est -il revenu? Comment est -il «quand il ne me voit pas? Songe-t-il à moi ? Te «parle-t-ilde moi? Est-il inquiet, joyeux, triste, «gai, mélancolique, content, taciturne, éva- «poré, chagrin, plaisant, sage, fou?...» Que diable sais-je? et cent mille autres de semblable nature.

1V5 0>C ADE

Eh bien ! que réponds-tu pour lors?

PASQriN.

Selon la bague.

MONCAnE.

Ah ! je savois bien que chez toi mon honneur et le tien marchoient bien loin après ton intérêt... Changeons de discours. Sais-tu bien une chose ?

PASQUIN

Qu'est-ce?

MONCADE

Je crois qwe je suis amoureux.

Quoi! amoureux? là, ce qu'on appelle amou- .reux de bonne foi?

Oui, te dis-je, amoureux.

PASQrilS.

Mais, parlez-vous là sérieusetùeflt?

MONCADE

Veux-tu que je me donne au diable pour té le faire croire?

ff PASQUIK.

Et Lucinde ?

MONCAnE.

Oh! Lucinde, Lucinde! elle n'en saura tieti.

PASQt:i>,

Tant mieux pour tous Mais^ dites -moi,

combien cela durera-t-il ?

MONC ADE.

Tu m'en demandes trop ; comme si l'on poutoit répondre de cela !

PAèQUIIi.

La counois-je?

Tu la connois.

PASQriS.

Il faut que vous l'aimiez depuis fort peu, car je ne vous en ai jamais ouï parler.

M05CADE

A peu^rcs.

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