ACTE III, SCÈ^E III
M ARTHON
Il ne faut jamais son{»er au passé. Ce qui est fait est fait : pour moi, je ne m'en repens point. Si je pouvois, avant cjue de partir, laver un peu la tête à madame votre tante, j'en seruis plus iégère de moitié. Par ma foi, si j'étois à votre place , je sais bien ce que je ferois. c I D A L I s E.
Que ferois-tu ?
MARTHOIÎ.
J'épouserois Éraste dès aujourd'hui.
CIDALISE
Je ne le puis sans le consentement de mon père.
Vous moquez-vous ? N'êtes-vous pas veuve?
CIDALISE
Cela ne suffit pas , il faut avoir vingt-cinq ans,
IM A R T H O s .
Je dirois que j'en ai soixante.
CIDALISE
Le mariage ne seroit pas bon.
M ARTHON
Au bout de l'année , vous vous remarieriez encore.
CIDALISE
Mon père me déshériteroit.
MARTHOX. ^
La méchante masque que madame votre tante ! Il en faut bien revenir là.
CIDALÎSE.
Je t'avoue que , si je pouvois me venger d'elle avant que de partir, je ne serois point si fâche'e.
Comment faudroit-il faire ?
C I DALISE.
Mais , bien plutôt , si nous songions à l'adoucir?
MARTnOX.
Et comment ?
CIDALISE
Il faudroit qu'Éraste l'aimât.
MARTHO^.
Ou qu'il le feignît, voulez-vous dire?
CIDALISE
Qu'il le fieignît ou qu'il l'aimât, tout me seroit égal.
MARTHOÎC.
Vous ne l'aimez donc plus , lui ?
CIDALISE
Je ne sais.
MARTHON.
Aimericz-vous déjà ce petit comte ?