ACTE î, SCÈNE XI. 3r
MARTHOîî.
Sije n'avois cru rendre service à madame, et à vous, monsieur, je ne trie serois pas chargée de vous parler. Je me suis flattée que voils écouteriez agréablement ce que j'ai à vous dire; vous savez si je suis dans vos intérêts? cela me fait peine de voir que vous ne vouliez pas devenir heureux. Que ne donnerois-je pas pour vous voir faire de sérieuses réflexions stit" votre humeur ! Povir moi, je vous crois trop honnête homme pour ne vous pas reprocher quelquefois votre conduite avec Lucinde.
M ose A DE, à Pasqutn.
Ma montre.
51 ARTHOX.
Oseroit-on vous dire que vos sentiments, dispersés à vingt coquettes, ne vous rendront ni plus aimable ni plus heureux? A qui devroient-ils être fidèles, ces sentiments que nous ne voyons plus, si ce n'est à la plus tendre, et peut-être à la plus aimable personne du rovaume ? Crovez-moi, monsieur, et vous croirez une fille tout affectionnée à vos inlérêts;soyez heureux pendant que vous pouvez l'être : il vient un temps où le désir de le devenir n'est plus qu'un désir désespérant. Vous ne serez pas toujours aimable , et vous ne trouverez pas toujours une Lucinde qui vous aime.
MONCADE, a Pasquin .
Mon épëe.
MARTHON.
Cinquante raille ëcus et Lucinde , en ce tempsci, la jolie somme! Cela devroit être bien tentant pour vous, et je ne sache guère que vous qui voulut s'aviser de n'être point tenté de tout cela,
MOKCADE, à Pasquin.
Ma bourse,
MARTHON.
En ve'rité, monsieur, vous avez beau dire et beau taire , à quelque usage que vous prétendiez mettre tout le mérite que vous avez, et vous en avez beaucoup, si l'on en croit les connoisseurs, je veux devenir la plus grande demoiselle de Paris, s'il peut jamais vous valoir cinquante mille écus et Lucinde.
MONCADE, à Pasquin.
Ma perruque.
MARTHO:X.
Ce que je vous dis devroit-il vous paroître assez désagréable pour ne vouloir pas seulement me dire mot?
M o N c A )) E , lu i fa isa n t rem arquer sa m ise.
Suis-je bien , Marf hon ?