CIDALISE, LUCILE,ÉRASTE, LE COMTE
ÉR ASTE
Je veux pénétrer ce mystère.
CIDALISE, h Eraste.
Monsieur...
ÉR ASTE
Madame...
CIDALISE
Vous me fâchez bien tort.
Dites-moi donc ce que c'est.
CIDALISE
Je vous le dirai; mais je romps avec vous...
ÉRASTE
Voilà qui est fait, je ne vous le demande plus; mais j'en mourrai.
CIDALISE
A présent que vous êtes raisonnable, je veux bien vous le dire ; mais, quand vous l'aurez su, ne cessez pas de l'être.
ÉRASTE
Non , je vous le proteste.
CIDALISE
Ce sont deux hommes que vous ne connoissez
2f)o LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE, point, qui viennent d'éclaircir que depuis longtemps je me moquois d'eux. Ils vouloient m' épouser l'un et l'autre. Ne vous alarmez point, j'avois inte'rêt de les ménager; l'un étoit mon rapporteur, l'autre me prêtoit de l'argent : mon procès est gagné, je n'ai plus besoin d'eux; dictez-moi la réponse, je la leur ferai; ou parlez-leur vousmême.
LE COMTE
Il paroît de la bonne foi dans le procédé de madame.
Tout cela ne le satisfait point encore. ( à Eraste.) A quoi rêvez-vous ?
É RAS TE
A rien, madame.