ACTE 1, SCÈNE
SOSIE
Que me dites-vous là?
SIMON
Je retourne au lojjis, Dans le fond de mon cœur pestant contre mon fils. Et n'osant pourtant point lui montrer ma colère; Car il n'eût pas manqué de me dire : <• Mon père, « Quel mal ai-je donc fait? Quel crime ai-je commis? « J'ai donné du secours à la sœur de Chrysis; « Dans la flajnroe elle tombe, et ma main l'eu retire. " Tu vois bien qu'à cela je u'aurois rien à dire.
SOSIE
C'est savoir à propos dompter sa passion.
Le quereller après une telle action !
Après un mauvais coup que pouri oit-il attendre?
SIMOX.
Chrêmes ne voulant plus de mon fils pour son gendre.
Vint dès le lendemain pour me le déclarer,
Ajoutant qu'on n'eût pu jamais se figurer
Que mon fils, sans égard, sans respect pour son père.
Vécût, comme il faisoit, avec cette étrangère.
Moi, de nier le fait; lui, de le soutenir.
Je m'emporte... Mai, lui, ne cherchant qu'à finir,
J'eus beau lui rappeler sa promesse et la mienne.
Il me rend ma parole et retire la sienne.
SOSIE
A Pamphile aussitôt vous fîtes la leçon ?
SIMON
La réprimande encor n'étoit pas de saison.
SOSIE
Comment?
SIMON
Il m'auroit dit, comme je m'imagine :
« Mon père, en attendant le choix qu'on me destine, « Et pour lequel enfin je vois tout disposer, « Prêt à subir le joug que l'on va m'imposer, « Dans le reste du temps, qui ne dorera guère, « Qu'il me soit libre , au moins, de vivre à ma manière. »
SOSIE
Quel lieu donc aurez-vous de le réprimander?
SIMON
Le refus ou l'aveu me fera décider.
S'il recule ou s'oppose à ce feint mariage.
Tu m'entendras pour lors prendre un autre langage :
D'un ridicule amour, par lui-même éclairci,
Je lui montrerai bien si l'on doit vivre ainsL..
Mais suffit. A l'égard de ce maraud de Dave,
Qui depuis si long-temps et me joue et me brave,
Et qui , pour me tromper, fait agir cent ressorts,
Il fera pour mon fils d'inutiles efforts.
A me fourber aussi le traître veut l'instruire.
Et songe à le servir beaucoup moins qu'à me nuire.
SOSIE
Eh! pourquoi donc cela?
SIMON
Quoi! tu ne le sais pas?
Ah! c'est un scélérat qui ne peut faire un pas... Mais baste!... Si j'apprends qu'en cette conjoncture Le fourbe contre moi prenne quelque mesure,