‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 225 sur 288 · SCÈNE viir · texte numérisé non relu

SCÈNE viir

PAMPHILE, MISIS.

p Ayiv ni LE ^ à part , et sans voir Misis , qui se retire

à i écart.

D'un procélé pareil un homme est-il capable? Est-ce là comme en use un père raisonnable?

MISIS, à part.

Que veut dire ceci? Je tremble.

PAMPHILE, à part.

Ah ! quelle main , Sort cruel, choisis-tu pour me percer le sein? Quoi ! sans me pressentir sur le choix d'une femme. Mon père croit livrer et mon cœur et mon ame? D'abord, n'a-t-il pas dû me le communiquer?

MISIS, à part.

Qu'entends-je? Quelle énigme il vient de m* expliquer!

PAMPHILE, à part.

Chrêmes donc à présent tient un autre langage? Lui qui me refusoit sa fille en mariage. Il prétend mêla faite épouser aujourd'hui? Oh! pour moi, je ne veux ni d'elle ni de lui. De mes vœux, de ma foi , mon cœur n'est plus le maître Je serois, à la fois, ingrat , parjure, traître!... Puis-je le concevoir?... S'il n'est aucun secours.

Ce jour fatal sera le dernier de mes jours!... De mon cœur embrasé le feu ne peut s'éteindre... Hélas! des malheureux je suis le plus à plaindre. Ne pounai-je éviter, dans mon malheureux sort, Un hymen mille fois plus cruel que la mort? De combien de rebuts m'ont-ils rendu la proie? On me veut aujourd'hui, demain l'on me renvoie; On me rappelle encor. Que dois-je soupçonner? Il n'est que trop aisé de se l'imaginer : Il n'a pu de sa fille autrement se défaire. Il me la veut donner ; voilà tout le mystère.

MIS IS, « part.

Ce discours me saisit et me perce le cœur.

PAMPHiLE,à port.

Mais ce qui met encor le comble à ma douleur, C'est l'air indifférent et l'abord de mon père. Croit-il qu'un mot suffit dans une telle affaire? Je le rencontre. A peine avoit-il pu me voir : « Philumène est à vous, m'a-t-il dit, et ce soir... » J'ai ciu qu'il me disoit, ou qu'à l'instant je meure: «Va, Pamphile, va-t'en te pendre tout-à-l'heure... » Assommé de ce coup, j'ai paru comme un sot. Sans oser devant lui prononcer un seul mot. Si quelqu'un me demande en une telle affaire, Averti de tout point, ce qu'il eût fallu faire; Je ne sais : mais je sais que dans un pareil cas J'eusse fait ce qu'il faut pour ne l'épouser pas. Pour moi , je ne vois plus que penser ni que dire. Je sens, de toutes parts, mon co^ur que l'on déchire La pitié, le respect, m'entraînent tour à tour;

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