‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 27 sur 288 · LUCINDE, ARAMINTE · texte numérisé non relu

LUCINDE, ARAMINTE

LrClXDE.

Je n'apprendrai donc point, madame, ce qu'il étoit, disiez-vous, si important que je susse?

ARAMI^'TE

Outrage-t-on ainsi les gens!... Non , madame, je vous le répète encore une fois, Moncade ne mérite pas d'être considéré par une personne comme vous.

LUC I KDE.

Vous me paroissez assez bien instruite, madame : et la manière dont vuus parlez de lui commenceroit à me déplaire, si vous continuiez à me cacher les raisons qui vous y obligent. A n A M I >■ T E.

Eh bien ! madame , apprenez , à votre honte et à la mienne, que Moncade nous tronipoit toutes deux, qu'il est le plus scéle'rat des hommes, et qu'enfin, désabusée par ses perfidies, j'ai cru que je devois vous tirer de l'erreur où vous êtes.

LUCI NDE.

Tous m'obligez beaucoup, madame, quoiqu'un peu tard; et vous souffrirez, sans vous fâcher, s'il vous plaît, que je vous dise que vous vous consoleriez aisément de mon erreur, si vous étiez encore dans la votre.

ARAMINTE

IMoncade m'a fait croire aisément tout ce qu'il a voulu , madame , et ce sont des éclaircissements qu'entre lui, vous, et moi...

L u c 1 s r» E , rin terrompan t.

Ah, madame! de pareils éclaircissements entre trois personnes sont ordinairement fâcheux. Évitons-les, et me donnez sans eux, je vous prie, toutes les marques que vous pourrez de son infidélité.

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