SCÈNE II
LÉONOR, MARTHON.
LÉONOR
Mais, Marthon, plus je songe à ce que vient de me dire mon frère, et moins j'y trouve d'apparence.
MARTHO>'.
Je n'y comprends rien, non plus que vous. Moncade étoit fort gai lorsqu'il est sorti; Lucinde n'étoit point triste : il y du malentendu en tout ceci, ou Moncade aura joué quelque tour de son métier.
LÉOÎîOR.
Qu'aura-t-il pu lui dire contre une preuve si forte.
MARTHO^^
Par ma foi, je n'en sais rien. Que vous diraije ! 11 ouvre de grands y eux, il soupire, il menace, il pleure, il se jette à genoux, se promène à grands pas , casse une chaise, déchire une manchette , s'arrache des cheveux, ronge ses ongles, et à la fin il a raison.
LÉO>OR
Voilà de belles manières de se justifier.
Mais, par ma foi, madame, n'étoit que je lui ai déjà vu jouer mille fois le même rôle, je ne saurois qu'en dire. Il m'a fait pleurer, moi, dans les commencements; mais, à présent, je suis aguerrie. Mais vous , madame , qui parlez, si vous avez tant d'envie de servir votre frère, qui le peut mieux que vous? car enfin je ne suis pas aveugle : je m'aperçois, depuis assez long-temps, que