‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 66 sur 288 · LÉON OP · texte numérisé non relu

LÉON OP

Je ue te cèle pas, Marthon, que pour tout autre que pour mon frère, je n'entrerois point dan.s ceci. Je n'aime point à faire du mal.

M .\RTHON.

Vous n'étiez pas si scrupuleuse ce matin.

LÉOîiOR.

Je te l'avoue, et j'en ignore la cause.

Je la sais bien, moi.

LÉONOR

Eh quoi?

MARTHO:îr.

Voulez-vous que je vous le dise ?

LÉOKOR.

Oui.

M ART H ON

C'est depuis qu'il vous a dit qu'il vous aimoit.

LÉONOR

Moi, je t'avoue que si son cœur répondoit à ses manières...

MARTHON, lin terrompan t.

Déjà plus de la moitié du chemin est faite. Par

i02 L'HOMME A BOÎ^NE FORTUNE.

ma foi, je oroyois parler à une personne raisonnable; mais je vois bien...

L É o N o R , r interrompant h son tour. Comme tu prends les choses i

MA.RTHON.

Eh! mon dieu, j'entends ce langage-là. Le cœur fait comme les manières. Tenez, voilà du jargon dont je vous parlois tantôt.

LÉOSOR.

Que tu es folle !

H.\RTHON.

Je ne suis point folle; je m'y connois.

SCÈINE III.

LUCINDE, MARTHON, LÉONOR

LU c I >' u E , à Léonor.

Eh bien! madame, enfin, me voilà rendue et sur le point d'être désabusée. Hélas ! où est le temps que l'on m'auroit désobligée de me montrer Moncade infidèle ?

MARTBON.

Le temps éioit encore ce matin.

LUCINDE

Non, non, Marthon, ne vous abusez point: il y a plus d'un jour que je me défie de Moncade : mais se détache-t-on si aisément ?

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