‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 97 sur 288 · ACTE V, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XI

point (le l'être , et vous tombez avec lui, tôt ou tard, dans des malheurs que je ne veux point éprouver. Parlez-moi donc sincèrement, si vous le pouvez. Etes-vous libre ?

MOCADE.

Vous jugerez , madame , si je suis sincère par l'aveu que vous allez entendre. Je n'ai point le cœur libre, madame ; je ne veux point vous tromper. J'aime et depuis long-temps. Vous voyez du moins que mon procédé dément la réputation qu'on me donne.

É R A s T E , bas , à Léonor.

Il la reconnoît.

LÉONOR, bas.

Taisez-vous.

LUCI>'DE, à Moncade.

Vous aimez, Moncade, et depuis long-temps, dites-vous?

M 0>'C AtlE.

Oui, j'aime, madame, et d'un amour qui ne finira qu'avec ma vie.

Mais cet amour si tendre n'est-il point offensé par la démarche que vous faites ?

MO^CADE

J'aurois peine à vous dire ce qui m'a fait venir ici.

i48 L'HOMME A BONNE FORTUNE.

Lie I>"DE.

En vérité, je ne saurois m'empêcher rie vous louer. Si jenepuis gagner votre cœur, j'ai le plaisir du moins de voir qu'il n'est point tel qu'on me l'avoil dépeint... Mais, Moncade, pour prix de ma tendresse, obtiendrai -je une grâce de vous?

. Il n'est rien que je ne fasse , madame , de tout ce qui pourra ne point blesser ma passion. É R A s T E , bas , a Cidalise.

Il la reconnoît, vous dis-je.

CIDALISE, bas.

Eh ! taisez- vous.

LrcixnE, h Moncade.

Je ne veux point de vous une chose bien extraordinaire : je ne cherche pas même à vous voir indi.^cret : mais, Moncade, si je devine votre maîtresse , je veux que vous me l'avouiez. Estce Ara min te ?

MONO ARE

Ah! madame, de qui me parlez-vous?

LTC I> DE.

Qui vous fait récrier si fort ? N'a-t-ellepas du mérite ?

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