‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 98 sur 288 · ACTE V, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XI

d'Araminte. Nous y trouverions si peu de naturel et tant de choses empruntées... De grâce, madame, n'en parlons point davantage. Il y a des gens dont on ne doit jamais rien dire. A R AMI N TE, bas j h Cidalîse.

Je n'y puis pas tenir !

CIDALISE, bas.

Attendez jusqu'au bout.

L u c I s D E , a Moncade.

Il court dans le monde que vous aimez Cidalise.

MONCADE

C'est une folle.

PASQUïK, bas, h Eraste.

Elle en est quitte à bon marché.

ÉRASTE, bas.

Te tairas-tu ?

LUCi:«nE, a Moncade.

Oh ! je l'ai deviné ; c'est Léonor, qui demeure chez Lucinde ?

MO>iG ADE.

Ah ? mada me, la connoissez-vous ? Défiez-vousen ; c'est le plus méchant esprit.

LÏCINDE.

Nommez-la donc vous-même.

Ah ! madame , si vous la connoissiez comma

i5o L'HOMME A BONNE FORTUNE.

moi , vous me pardonneriez aisément mon insensibilité.

LtCISDE.

A-t-elle de l'esprit?

MO> CADE

Oui, madame , elle eu a ; mais non pas de ces esprits qui s'en font trop accroire. Il semble que le sien ne lui sert que pour en découvrir aux autres.

LUCINDE

Voilà un fort joli caractère. Elle est belle, sans doute ?

MOKCADE.

Ah! ne m'engagez pointa faire son portrait. Je pourrois pourtant le faire sans vous offenser; et , ne vous ayant peut-être jamais vue , je puis vous dire que je la trouve la plus adorable femme du monde.

LUC INDE

Elledoitêtre contente dele paroîtreàvosyeux.

]Ne dissimulons point davantage, madame, ef permettez-moi de jouir de la vue de la seule personne pour qui je veux vivre. (// veut ôtçr son bandeau.)

Lici.NDE, le retenant.

Arrêtez.

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