DORVAL, M. GÉRONTE
M. GÉRONTE
Allons jouer, et ne m'en parlez plus.
nORVAL.
Mais il s'agit d'un neveu.
M. GÉRONTE, vivemeiit.
D'un sot, d'un imbécile, qui est l'esclave de sa femme, et la victime de sa vanité.
DORVAL
De la douceur, mon cher ami, de la douceur.
M. GÉRONTE
Et vous, avec votre flegme, vous me feriez enrager.
DORVAL
Je parle pour le bien.
M. GÉRONTE
Prenez une chaise. ( Il s'assied.) DORV AL, </'u>t ton compatissant, pendant qu'il approche une chaise.
Le pauvre garçon!
LE BOURRU BIENFAISANT. lyi
Voyons ce coup d'hier.
DORVAL, toujours du même ton.
Vous le perdrez.
M. GÉRONTE
Point du tout; voyons.
DORVAL
Vous le perdrez, vous dis-je.
M. GÉRONTE
Je suis sûr que non.
DORVAL
Si VOUS ne le secourez pas, vous le perdrez.
M. GÉRONTE
Qui?
DORVAL
Votre neveu.
M. GÉRONTE, uii^ement.
Eh! je parle du jeu, moi. Asseyez-vous.
DORVAL, s' asseyant.
Oui, je veux bien jouer; mais ccoutez-moi auparavant.
M. GÉRONTE
Me parlerez-vous encore de Dalancour?
DORVAL
Cela se pourroit bien.
Je ne vous écoute pas.
igi LE BOURRU BIENFAISANT.
nORVàL.
V^ous haïssez donc Dalaocour?
M. GÉROiSTE.
Point du tout; je ne hai^ personne.
DORVAL
Mais si vous ne voulez pas...
M. GÉRONTE
Finissez; jouez: jouons, ou je m'en vais.
DORVAL
Encore un mot, et je finis.
M. GÉRONTE
Quelle patience !
DORVAL
Vous avez du bien.
M. GÉRONTE
Oui, grâce au ciel.
DORVAL
Plus qu'il ne vous en faut.
Oui; au service de mes amis.
DORVAL
Et vous ne voulez rien donner à votre neveu?
M. GÉRONTE
Pas une obole.
nOR VA L.
Par conséquent...