‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 125 sur 214 · DORVAL, M. GÉRONTE · texte numérisé non relu

DORVAL, M. GÉRONTE

M. GÉRONTE

Allons jouer, et ne m'en parlez plus.

nORVAL.

Mais il s'agit d'un neveu.

M. GÉRONTE, vivemeiit.

D'un sot, d'un imbécile, qui est l'esclave de sa femme, et la victime de sa vanité.

DORVAL

De la douceur, mon cher ami, de la douceur.

M. GÉRONTE

Et vous, avec votre flegme, vous me feriez enrager.

DORVAL

Je parle pour le bien.

M. GÉRONTE

Prenez une chaise. ( Il s'assied.) DORV AL, </'u>t ton compatissant, pendant qu'il approche une chaise.

Le pauvre garçon!

LE BOURRU BIENFAISANT. lyi

Voyons ce coup d'hier.

DORVAL, toujours du même ton.

Vous le perdrez.

M. GÉRONTE

Point du tout; voyons.

DORVAL

Vous le perdrez, vous dis-je.

M. GÉRONTE

Je suis sûr que non.

DORVAL

Si VOUS ne le secourez pas, vous le perdrez.

M. GÉRONTE

Qui?

DORVAL

Votre neveu.

M. GÉRONTE, uii^ement.

Eh! je parle du jeu, moi. Asseyez-vous.

DORVAL, s' asseyant.

Oui, je veux bien jouer; mais ccoutez-moi auparavant.

M. GÉRONTE

Me parlerez-vous encore de Dalancour?

DORVAL

Cela se pourroit bien.

Je ne vous écoute pas.

igi LE BOURRU BIENFAISANT.

nORVàL.

V^ous haïssez donc Dalaocour?

M. GÉROiSTE.

Point du tout; je ne hai^ personne.

DORVAL

Mais si vous ne voulez pas...

M. GÉRONTE

Finissez; jouez: jouons, ou je m'en vais.

DORVAL

Encore un mot, et je finis.

M. GÉRONTE

Quelle patience !

DORVAL

Vous avez du bien.

M. GÉRONTE

Oui, grâce au ciel.

DORVAL

Plus qu'il ne vous en faut.

Oui; au service de mes amis.

DORVAL

Et vous ne voulez rien donner à votre neveu?

M. GÉRONTE

Pas une obole.

nOR VA L.

Par conséquent...

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