ACTE 111, SCÈNE VI
davantage. Mais pourquoi ne me l'a-t-il pas dit? Je l'aurois persuadé, je l'aurois convaincu. .. Pourquoi n'a-t-il pas parlé? Dira-t-il que ma vivacité ne lui a pas donné le temps ? Point du tout; il n'avoit qu'à attendre, il n'avoit qu'à rester; ma fougue se seroit calmée et il auroit parlé. Neveu indigne! tiaître! perfide! tu as sacrifié ton bien, ton honneur. Je t'ai aimé, scélérat! je ne t'ai aimé que trop; je t'effacerai tout-à-fait de mon cœur et de ma mémoire... Sors d'ici; va périr ailleurs... Mais oii iroit-il? N'importe, je n'y pense plus ; c'est sa sœur qui m'intéresse , c'est elle seule qui mérite ma tendresse , mes soins... Dorval est mon ami, Dorval l'épousera; je lui donnerai tout mon bien, tout. Je laisserai souffrir le coupable; mais je n'abandonnerai jamais l'innocente.