SCÈNE Vil
M. DALANCOUR, M. GÉRONTE.
M. ij AL A>' cotJR , avec un air effrayé , se jette
aux pieds de M. Gérante.
Ah! mon oncle, écoutez-moi, de grâce!
M. «JEUONTE, s't' retourne, voit IJalancour et
recule un peu.
Qu'est-ce «jue tu veux? lève-toi.
a44 LE BOURRU BIENFAISANT. M. DALAKCOCR, da7is la même posture.
Mon cher oncle! voyez le plus malheureux des hommes; de grâce, écoutez-moi.
M, ge:ronte,u/i peu touché, mais toujours avec colère.
Lève-toi, te dis-je.
M. D ALASCOtl R , « jreJiOUJC.
Vous dont le ca;ur est si généreux , si sensible , m'abandonnerez-vous pour une faute qui n'est que celle de l'amour, et d'un amour honnête et vertueux? J'ai eu tort, sans doute, de m'écarter de vos conseils, de négliger votre tendresse paternelle; mais, mon cher oncle, au nom du sang qui m'a donné la vie, de ce sang qui vous est commun avec moi , laissez-vous toucher, laissezvous fléchir.
M. G K R o N T E , pcu à peu s'attendrit et s'essuie les yeux en secachant de Dalancour, et dit ii part:
Quoi! tu oses encore!...
M. DALANCOt'R.
Ce n'est pas la perte de mon état qui me désole : un sentiment plus digne de vous m'anime, c'est l'honneur. Souffrirez- vous <jue votre neveu ait à rougir? Je ne vous demande rien pour nous. Que je m'ac(|uitte noblement; et je lépoiids, pour ma femme et pour moi, que l'indigence n'effraiera