L7SIM0N
.le vous annonce...
Mais quoi donc?
LISI.MOX.
Que Damis à vos charmes renonce.
De vos airs, de vos tons il est las à la fin. Il refuse , en un mot, le don de votre main.
Il me refuse !
LISIMON.
Net. Mais cela sans colère, Toujours maître de lui, car c'est son caractère, Si posément enfin , et d'un air si glacé, Que tout autre à ma place en seroit courroucé.
M Élise, avec une gaieté contrainte.
Courroucé ! pourquoi donc? Le trait est impayable.
LISIMON.
Vous paroît-il plaisant?
M ÉLISE, avec chaleur, et ne pouvant cacher son dépit.
Damis est admirable !
C'est moi , monsieur, c est moi , qui, trompant son espoir. Lui mandois ce matin de ne me plus revoir.
ago LA FEINTE PAR AMOUR.
LISIMON.
Fable !
DORINE
Rien n'est plus vrai : ma maîtresse est vengée. De l'exécution cette main fut chargée.
MÉLISE.
De sa froideur pour moi vous voilà convaincu?
r,l SIMON.
Oh ! oui.
MÉLISE.
Vous en a-t-il long-temps entretenu?
Félicitez-vous bien, vantez votre conduite; De vos préventions voilà quelle est la suite.
LISIMON, brusquement.
Moi, j'ai cru que ces nœuds seroient bien assortis;
{affectant de la finesse. ) J'ai même soupçonné que vous aimiez Damis.
MÉLISE.
Mon oncle, assurément le soupçon est unique. Vous êtes étonnant.
LISI.MON.
Non , je suis véridique.
DORINE
Que monsieur Lisimon a l'esprit clairvoyant!
Rien ne peut échapper à son œil pénétrant.
Il lit , sans se tromper , jusqu'au fond de nos âmes :
Comme il déchiffre un cœur , comme il connoît les femme
LISIMON.
Que trop, en vérité. J'ai bien [)ayé cela.
On est dupe long-temps avant d'en venir là...