‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 190 sur 214 · L7SIM0N · texte numérisé non relu

L7SIM0N

.le vous annonce...

Mais quoi donc?

LISI.MOX.

Que Damis à vos charmes renonce.

De vos airs, de vos tons il est las à la fin. Il refuse , en un mot, le don de votre main.

Il me refuse !

LISIMON.

Net. Mais cela sans colère, Toujours maître de lui, car c'est son caractère, Si posément enfin , et d'un air si glacé, Que tout autre à ma place en seroit courroucé.

M Élise, avec une gaieté contrainte.

Courroucé ! pourquoi donc? Le trait est impayable.

LISIMON.

Vous paroît-il plaisant?

M ÉLISE, avec chaleur, et ne pouvant cacher son dépit.

Damis est admirable !

C'est moi , monsieur, c est moi , qui, trompant son espoir. Lui mandois ce matin de ne me plus revoir.

ago LA FEINTE PAR AMOUR.

LISIMON.

Fable !

DORINE

Rien n'est plus vrai : ma maîtresse est vengée. De l'exécution cette main fut chargée.

MÉLISE.

De sa froideur pour moi vous voilà convaincu?

r,l SIMON.

Oh ! oui.

MÉLISE.

Vous en a-t-il long-temps entretenu?

Félicitez-vous bien, vantez votre conduite; De vos préventions voilà quelle est la suite.

LISIMON, brusquement.

Moi, j'ai cru que ces nœuds seroient bien assortis;

{affectant de la finesse. ) J'ai même soupçonné que vous aimiez Damis.

MÉLISE.

Mon oncle, assurément le soupçon est unique. Vous êtes étonnant.

LISI.MON.

Non , je suis véridique.

DORINE

Que monsieur Lisimon a l'esprit clairvoyant!

Rien ne peut échapper à son œil pénétrant.

Il lit , sans se tromper , jusqu'au fond de nos âmes :

Comme il déchiffre un cœur , comme il connoît les femme

LISIMON.

Que trop, en vérité. J'ai bien [)ayé cela.

On est dupe long-temps avant d'en venir là...

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