ACTE II, SCENE III. jjji
Mais dans ce moment-ci je m'abuse {3eut-ètre, Je ne démêle rien, je ne sais rien conuoître...
(à Mélise , avec humeur.) Que m'importe après tout? Congédiez Damis; Si vous le voulez même, épousez le marquis. Bel hymen !
MÉLISE, avec impatience. Vous l'aimiez dans ces jours de Folie Où les gens du bel air étoient votre manie; Quand mon oncle, en projets consumant chaque jour, En poste alloit chercher des chagrins à la cour... De tous ces messieurs-là vous goûtiez l'importance. Leur ton vous paroissoit le ton par excellence.
LISIMON.
Oh! j'avois mes raisons. Le bien public d'ailleui-s... Bret", c'est un autre temps, et je veux d'autres mœurs.
DORIN E.
Floricourt, au surplus, n'a rien pour vous déplaire.
D'une vieille parente il sera légataire ;
Sa naissance est illustre; il est jeune, bien fait.
MÉLISE, avec humeur.
Ah! vous le protégez?...
DORl NK.
Enfin on s'y connoît.
( à Lisirnon. ) Puis, s'il vous revenoit un jour en fantaisie De vouer à l'état votre rare génie, Aux airs de coijrtisans il saura vous plier, Et c'est (ui honnue au moins (pii peut v(uis ajipuycr. Quel plaisir de briller, d'étendre un [>eu sa sphère!
Une fois eu crédit, que d'heureux on doit faire !
LISIMON.
Tu crois donc qu'on pourroit...
DO RI NE
Je vous ai dévoilé.
LISI MON.
Toi?... Coiumeut donc? par où?
DORINE
Tout en vous m'a parlé :
Discours obscurs, mais fins; silence énigmatique... Et ce rire ingénu qui cache un politique.
L'y voilà.
M ÉLISE
Finissez... Le beau raisonnement!
L I s I M G N , après avoir réfiéclii. Eh! ce qu'elle dit là n'est pas sans fondement; Elle voit assez bien. Mais j'insiste : ma nièce, Je veux encor pour vous signaler ma tendresse. Je regrette Damis , quoi que vous en disiez, Et veux le ramener dès ce soir à vos pieds. Je sens bien qu'il faudra, rappelant ma finesse, Négocier la chose avec un peu d'adresse... Mais on sait se tirer d'une difficulté. Et délicatement ménager un traité.
Sois sûre... enfin...