SCENE X
DORMILH.
Fort bien! de mes amours vous êtes occupé : Et vous ne craignez pas de vous être trompé Sur les vôtres?
VALSAIN.
Quoi donc?
DORMILLI.
Pourriez-vous, je suppose, Me dire qu'Angélique aime... quelqu'un; qu'elle ose Écrire à ce quelqu'un; que cet araaut discret, Ce modeste rival , montre d'elle un billet? Que ce billet, enfin , vous venez de le lire?
VALSAIN.
Ma foi, vous m'étonnez: je u'osois vous le dire ; Vous savez tout. Mondor, qui nous croit ennemis, £t qui me met de plus au rang de ses amis, Vient de me confier ce billet d'Angélique, Écrit à lui Mondor. L'affaire est moins tragique , Puisque vous la saviez.
nORMILLl.
Comment donc?
VALSAIN.
Je l'ai lu.
DORMILLI.
Vous l'avez lu ?
VALSAIN.
Deux fois : j'en étois contondu.
DORMILLI, (Tu ne voix étouffée .
Qu'eiitciids-je?... Se peut-il?... Angélique perfide! Je n'en doute donc plus!... Quel cou|i!. . H me décide
3o LES FAUSSES INFIDÉLITÉS.
Ami, consolons-nous. Plus sensés désormais, Jurons de renoncer aux femmes j)our jamais. Ce parti...
V ALSAIN.
Seroit dur : il faut être équitable ; La mienne m'est fidèle, et je serois coupable Si...
D 0 R M I L L I , très vivement.
Fidèle? Oui, fidèle ! Adorez-la. Mondor, Quelle fidélité ! là , tout-à-1 heure encor... Elles poussent bien loin lu feinte et le caprice. Ne me croyez donc pas le seul que l'on trahisse. La vôtre... Mais au reste elle m'étonne moins.
V A L s A 1 1\ , posément.
Ou'a-t-elle fait? Voyons.
DOHMILLI.
Digne objet de leurs soins Mondor tient un billet écrit par Dorimène, Billet qu'il montre aussi, que je croyois à peine; Voilà ce qu'elle a fait; voyez.
VALSAlN, à part.
Que dit-il là?
[haut.) Deux billets à Mondor? Répétez-moi cela. Dorinièue...
DORMILLI, avec iitipalicncr.
Oui , monsieur.
VA LSAI N.
Elle a donc fait remettre: