SCENE X
DORMILLI.
Quel ami! quel amaut! vous me désespérez! .. Voyons de près mon fat.
{Il sort.) VALSA IN, alarmé.
Pour une bagatelle, Tant de bruit ! Arrêtez. Angélique est fidèle. Moudor n'est point aimé.
DORMILLI, revenant.
Comment? Que dites-vous?
Qu'on s'amuse à-la-fois de Mondor et de nous.
DORMILLI.
Quoi! ces billets...
VALSAIN.
Font voir l'accord des deux cousines.
Deux lettres à-la-fois, et deux lettres badines! A Mondor... qui les montre! allons; réfléchissez.
DORMILLI, avec vivacité.
Est-il bien vrai?... Comment!... de grâce... éclaircissez.
VALSAIN.
Mais tout est éclairci. L'une est jeune et timide; L autre n'est que maligne, et [)oint du tout perfide. Vous croyez leurs billets! je crois plutôt leurs cœurs. Qu'un fat ait du succès, j'y consens, mais d'ailleurs. Il n'en a |>oiiit ici.
DORMILLI, l'embrassant avec transport.
Vous me rendez la vie.
En eftet, Angélique... Oh! oui, je le parie,
à^ LES FAUSSES INFIDELITES.
Je suis encore aimé. Vous avez bien raison.
J'ai mille souvenirs. Elle, une trahison !
J'ai cru... J'étois donc fou. La découverte est bonne.
Angélique me trompe : eh bien ! je lui pardonne.
Elles nous ont joués toutes deux! mais enfin
Pour nous en imposer il faut être plus fin.
Nous sommes clairvoyants... Je ris de leur malice.
VALSAIN.
De vous présentement puis-je attendre un service?
DORMILLI, avec une effusion de tendresse. Ah ! je souscris d'avance à vos moindres désirs.
VALSAIN, souriant, et d'un air tranquille. Laissez vivre Mondor pour nos menus plaisirs.
D o R M I L L I , avec une joie excessive. Je ne le tuerai point.
Je vais chez Dorimène , De mon faux désespoir réjouir l'inhumaine.
(Il va pour sortir. ) DORMILLI, le retenant.
Mais sommes-nous bien sûrs?... Croyez-vous fermemei C'est qu'on ne doit jamais croire légèrement.
VALSAIN.
Ah ! voilà mon jaloux !
DORMILLI
Nous n'avons pas de preuve.
VALSAIN, rêvant.
Eh bien! j'en vais avoir. J'imagine une épreuve Qui vous démontrera que leur crime est un jeu ,
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