SCÈNE m
M. DE MELCOUK, M. de VILMON.
MELCOUR, cCun air distrait et rêveur.
Madame de Melcour... le pensez-vous, Vilmon? .lalouse... de sa fille !
A vous parler sans feinte, Je n'en suis pas très sûr; mais j'en ai quelque crainte.
MELCOUR.
Pouvez-vous lui prêter une pareille horreur? Jalouse! de sa fille!... Allons donc, quelle erreur! Vous voilà bien, au reste, avec votre finesse. Le tic d'observer tout , de deviner sans cesse.
VILMON.
Je voudrois me tromper.
MELCOUR.
Et vous vous trompez fort ; Une mère jamais eut-elle un pareil tort, Uu foible si honteux? .Mais je vois le contraire , La beauté d'une fille enor|j[ueillit sa mère.
VILMON.
Cela doit être au moius ; jeu connais toutefois...
M E L c G u lî .
Savez-voiis quand du sang on étouffe la voix, Quand on peut se résoudre à n'aimer point sa fille? C'est lorsque sa laideur dépare une famille. Ou ilevient niéuie alors cruel jiar vanité, j'ai vu plus d'une mère, ivre de la beauté. Punir dans une enfaul la laideur comme un crime; D'un barbare amour-propre en faire la victime, Et, pour n'en pas rougir, l'ensevelir souveut Dans le fond d'une terre, ou l'ombre d'un couvent. Julie a-t-elle donc ce tort avec sa mère?
VILMQN.
Non : au public pourtant on ne la montre guère.
MELCOOR.
Vous êtes cruel.
Vrai.
iVIELCO U K.
La nature a des droits. .
VILMON.
Respectés, je le saLS, du peuple, des bourgeois. Mais dans un siècle vain, dans un monde frivole, Où la beauté du sexe est sa jtremière idole; Où les femmes de plaire ont toutes la fureur, Vijudroient de leur jeunes.se éteruiser la Heur, !)is|iutent le terrain à l'âge qui s'avance, l.t font contre le temps la plus belle défense; Ou leur coquetterie ( on ne nous entend pas )