‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 39 sur 214 · M EL COUR · texte numérisé non relu

M EL COUR

Je ne l'ai jamais vu.

VILMON.

c'est qu'on sait le cacher.

MELCOUR.

On en fait un secret?

Eh oui! pour l'arracher. Peut-être assiduement faut-il voir une mère Idolâtre du monde et coquette légère, Que sa fille... importune, et déjà suit de près. Et dont un gendre, hélas, va dater les attraits.

IMELCOUR.

Ma femme enfin, monsieur, n'aime donc point la sienne?

VILMON.

Elle l'aime beaucoup, il faut que j'en convienne; Et s'il falloit la perdre ou craindre pour ses jours, Vous la verriez trembler, prodiguer ses secours.

MELCOUR.

Mais accordez-vous donc.

VILMOX.

Est-ce me contredire?

Une nière, en un mot, je souffre de le dire. Oui , peut aimer sa fille, et peut ne pas l'aimer, D un (fielleux parallèle en secret s'alarmer. Peut s'applaudir tout haut de la voir jeune et lieilc. Et soupirer tout bas de pl.niv un peu moins qu elle.

S6 LA MEKE JALOUSE.

Ce sont là, mun ami...

MELCOUR.

Des contrariétés.

VILMON.

Dans le cœur d'une fernme?

MELCODR.

Oh!... vous me tourmeute».

J'aime sa fille, moi qui ne suis qu'un beau-père; Et vous craignez, monsieur, vous voulez qu'une mère...

VILMON.

Je ne veux point, j'ai vu, j'ai cru voir. Cependant Hâtez- vous, croyez-moi, d'établir cette enfant.

MELCOUR.

Tenez, vous allez voir son humeur déridée Par le joli tableau dont je vous dois l'idée.

VILMON.

Eh bien ! il vous dira si j'avois deviné.

MELCOUR.

Ce tableau?

VILMON.

C'est pour vous qu'il est imaginé, Un peu plus que pour moi.

MELCOUK, vivement.

Je suis sûr qu'il doit plaire.

VILMON.

Boa ! une fille peinte à côté de sa mère !

Cela ne prendra point, vous m'allez croire enfin.

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