‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 40 sur 214 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME DE MELCOUR, M. DF. MELCOUR.

Mine DE MELCOUR.

Quoi! ma fille est sortie?

Il est fort sinjjulier qu'à l'âge de .Iulie On sorte sans sa mère.

MELCOUR.

Ou sa taute.

Mine OE JIELCOUR.

Fort bien !

Elle est avec sa tante.

MELCOUR, cCun air de boute.

Allons, ne dites rien;

Pour une demi-heure au plus je l'ai cédée.

Madame de N'ozan , qui me l'a demandée,

A vous dire le vrai, vient d'en avoir pitié.

Mme DE MELCOUR.

Pitié !

MELCOUK.

La pjuvre enfant a\ oit l'air ennuyé.

Aussi ne voir le jour de f)lur. d'une semaine , C'est... changer de couvent.

Mme DE !\IELCOUR.

Quoi donc! j'ai la migraine, Je me sens un peu mieux, et je fais avertir Mademoiselle : mais elle vient de sortir! Où l'aura-t-on menée? Ah! quelle extravaj^ance ! Une enfant... qui n'est rien, n'a point de contenance, Vous le savez vous-même; un air timide, neuf, Un ton ! pour dire un mot elle en épelle neuf. Et sa tante ! Julie est bien avec sa tante. J'aime... ma belle-sœur, elle a l'anie excellente; Pour la tête ! pensant après avoir parlé , Ne dissimulant rien , mais rien , cerveau brûlé. Je les vois toutes deux : l'une, aisée à confondre, A trente questions ne saura que répondre; Et l'autre pour l'aider, haussant vite la voix , Glapira brusquement vingt choses à-la-fois. Félicitez-vous bien !

MELCOUR.

Soyez sûre...

Mine DE MELCOUR. .

Oui, très sûre Qu'elles vont revenir avec quelque aventure, Quelque bon ridicule.

Un peu moins de frayeur.

Votre fille est aimable, et votre belle-sœur...

Mme DE MELCOIIR.

L'est fort peu.

MELCOUR.

lionne et gaie, et plait par-tout.

Page 1