ACTE I, SCENE IV. 6i
Et quant aux yeux, ce sont les vôtres, je vous jure. Oui; tirez-vous de là.
Mme DE MEI.COUR.
Je conviens que les yeux (Je n'y mets point d'humeur) sont ce qu'elle a de mieux. En revanche peut-être...
Et puis , osez le dire , Un son de voix charmant , et le plus fin sourire.
Mine DE MELCOUR.
Mais, elle sourit doue? Je ne m'en doutois pas.
MELCOUR.
Eh ! c'est que devant vous elle a de l'embarras : Elle ne sait comment s'y prendre pour vous plaire; Pourquoi l'effaroucher?
Mme DE ME LCOUR.
ici le a peur de sa mère?
Point du tout; cet air gauche est l'effet des couvents.
MELCOUR, avec vivacité.
Et vous vouliez encor l'y laisser pour deux ans !
Mine D E MELCOUR, du même ton.
Et j'avois des raisons que j'ose trouver bonnes. Faut-il qu l'Ile ressemble à ces jeunes personnes Qu'on affiche trop tôt, qu'on a le mauvais goût De montrer, d'étaler, de promener j)ar-tout? Aux jardins, aux soupers, aux bals, en grande loge. Leur beauté vous poursuit et court après l'éloge. Veut-on les établir, les regards sont usés. Par des attraits plus neufs les leurs sont éclipsés; Elles brillent encore, et n'ont plus rien qui tente,
62 LA MEKE JALOUSK.
Et l'on croit, à vingt ans, qu'elles en ont quarante.
M El, COUR.
Madame, finissons; je vois mieux tout ceci. Vous aimez cette enfant, sa tante l'aime aussi : Vous donnez toutes deux dans un excès contraire. L'une trop induljjente, et l'autre trop sévère ; Elle lui passe tout, vous ne lui passez rien. Çà, reparlons du gendre, il en est temps.
M"ie DE MELCOUR.
Eh bien?