‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 43 sur 214 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

Ah ! comme il s'empressoit ! et pour nous être utile.

Mme DE N G Z A N .

Il s'est fort près de nous heureusement trouvé.

Mine DE MËLCOUR, s' approchant de Julie. De quoi s'agit-il donc?

MELCOUR.

Qu'est-il donc arrivé?

MDie DE M ELCO UR, aZarmee, et prenant la main de sa fille. Je vous l'ai déjà dit, monsieur; quelque folie.

Aime DE Noz AN , 5e /euoiif.

Quelque folie ! Un jour... le plus beau de ma vie! L'n triom{)he! Mon cœur, allons, repose-toi; Tu dois être excédée et plus lasse que moi.

[Elle fait asseoir Julie.)

JULIE

Je le suis, il est vrai. Mon dieu! quelle assemblée! Quel tumulte!

Mme DE y oz\y , caressant sa nièce.

Elle en est encor toute troublée.

Mais éciaircissez-nous.

Mme DE MELCOUR.

Mais vous m'alarmez fort.

M"'e DE NOZAN.

Figurez-vous, ma sœur, que nous entrons d'abord Dans cette gr.inde allée.

Mme DE MEI.COl'R.

Où doue?

Mine DE NOZAN.

Aux Tuileries; Uu monde affreux.

Mine DE MELCOUR, pâlissant.

Toujours quelques étourderies.

Mine DE NOZAIV.

J'ai peine à respirer : tout Puris étoit là, Tout Paris en extase ! Il falloit voir cela. Si vous saviez combien je \ous ai désirée ! Ah ! que vous auriez vu votre fille admirée! D'abord un, et puis deux, et puis vingt, et puis cent, Puis deux mille : c étoit un tableau ravissant. Je ne l'emliellis point, et je ne sais pas feindre; Pour vous dédommager, tâchez de vous le peindre. Ils accouroient en foule, et pressés, coudoyés, Se serroient, se heurtoient, s'élevoient sur leurs pieds; Les uns causeurs bruyants; les autres plus honnêtes Regardoient en silence, et par-dessus les têtes.

Mine DE M E L c O U R .

Madame assurément a lieu de triompher... Vous exposiez ma fille à se faire étouffer.

Mine DE NOZAN.

Étouffer est fort bon! étouffer! Je vous aime.

G'etoit le plus beau cercle ! ils se rangeoient d'eux-mêmi

Et quand nous avancions, le cercle reculoit.

MELCOUR.

L'aventure est charmante, et le récit m'en ]ilaît.

JULIE, se levant.

Oh! moi, je n'étois pas tout-à-fait si contente. Pour la première fois je sors avec ma tante.

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