ACTE II, SCENE III
JERSAC.
Elle ii'est plus... très jeune.
VILMON.
Elle est très verte encor.
{à part.) Je veux qu'aujourd'hui même elle nous eu délivre.
(à Jersac.) Il faut malgré son bien lui permettre de vivre.
JERSAC, riant.
Il est vrai qu'aux parents on doit quelques égards. J'ai vu deux fois la nièce. Ah! les plus beaux regards!.
VILMON, à part.
Bon!
JERSAC.
Une taille !
VILMON, malignement.
Un teint !
JERSAC.
Les roses du bel âge.
Mme DE MELCOUR.
Les roses! La beauté n'est qu'un frêle avantage.
JERSAC.
La sienne durera.
Croyez-vous?
JERSAC.
Je prétends Vous la ramener belle encore à quarante ans.
VILMON.
Elle va faire ua bruit !
90 LA MKRE JALOUSK.
JERSAC.
Nos dames de Bayonne Vont me haïr un peu, mais je le leur pardonne. J'ai pourtant cru lui voir un petit air d'humeur.
Mme DE MELCOUn.
Les filles qu'on marie ont assez l'air boudeur.
JERSAC, dun air de confidence.
Nous espérons dans peu vous appeler grand'mère. De ses petits-enfants on est , je crois , bien hère !
VILMON.
Plus que des siens, dit-on.
JERSAC.
On vous en enverra, Et vous les gâterez autant qu'il vous plaira.
M'iie DE MELCOUR.
Mon mari vous attend.
JERSAC, à Vilmon.
Quel bonheur nous rassemble !
Qui m'eût dit autrefois, quand nous fîmes ensemble Ce grand dîner sur mer, que quelque beau matin Je serois à Paris marié de sa main?
(// lui serre tendrement la main et s'en va.) VILMON, à part.
Marié de ma main ! c'est moi qui le marie !