SCÈNE IV
MADAME DE MELCOUR, M. DE VILMON. VILMON.
Mais, est-ce tout de bon? Est-ce plaisanterie? J'entends déjà des cris sur cet enlèvement. Sa tante qui l'adore...
Mine DE MELCOUR.
Eh! c'est précisément Sa tante qui l'adore, et la gâte sans cesse. Que je dois sensément séparer de sa nièce. Sans doute, près de moi... j'ainierois mieux... l'avoir.
VILMON.
Choisissez dans Paris.-.
Mme DE .MELCODR.
Dans Paris! pour y voir Mille travers, des fats blasés dès leur jeunesse. Ne pouvant rien aimer, pas même une maîtresse; Des sottises de mode, un tas déjeunes fous, Très prodigues amants, très volages époux; Enfin, un luxe affreux, les plus folles dépenses; Des enfants renommés par cent extravagances, En proie aux usuriers, ruines dès vingt ans. Et calculant déjà les jours de leurs parents. Avouez : cet air-ci, pour une jeune femme...
Coiitafîieus?
M^e DE MELCO UR.
Mortel.
VILMON.
En province , madame , On n'est pas plus farouche.
MlHe DE MELCOUR.
Un fat est moins couru; On y rougit du vice et non de la vertu; Nos puérilités n'y tournent pas les têtes; Au lieu de parler bals, soupers, proverbes, fêtes, On pense à ses devoirs, on vit chez soi content: Peut-être un agréable est là moins important; En revanche on y voit des époux et des pères. Plus de bonheur, et moins de riens et de misères.
VILMON.
Mais...
Mme DE MELCOUR.
Je l'ai résolu.
VILMON.
Mais...
Mme DE MELCOUR.
Pardon , tous vos mais Ne m'ébraaleront pas.