‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 64 sur 214 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MADAME DE M E L C O U R , MADAME DE NOZAN. Mme DE NOZAK.

La découverte est bonne :

IVe vous figurez pas au moins qu'elle m'étonne. On veut plaire, on s'expose; on voit des étourdis Jeunes, entreprenants, et, de plus, enhardis. Très pathétiquement, à genoux, d'un air tendre, Ils viennent supplier qu'on daigne les entendre. Qu'on ait quelque pitié de leurs timides feux. Les étourdis font bien , oui , le tort n'est pas d'eux : Ou quête adroitement ces belles entreprises;

loo LA MÈRE JALOUSE

Je n'entendis jamais, moi, de telles sottises.

Mine DE MELCOUR.

Que vent dire ce bruit?

Mine DE NOZAN.

Ce bruit?

Mme DE MELCOCn.

Qu'entendez-vous?

Mme DE NOZAN.

J'entends que j'ai la clef de ses propos si doux , De ses souris flatteurs, de ses coups d'œil , de» vôtres, Et d'éj^ards pour vous seule et d'oubli pour les autres; Car on ne voit plus rien quand on a le cœur pris, On ne voit qu'un objet. Ces tranquilles maris! Non... que j'ose penser...

Madame, étes-vous folle?

Mme DE NOZ AN.

Le traître! Et pas un mot, une donce parole A ma charmante nièce! Entre ces deux portraits, Monsieur n'étoit frappé que du vôtre; vos traits. Vos traits seuls le charmoient. Qu'il a su me déplaire!

Mine DE MELCOUR, très vivement.

Et vous aviez raison.

Mme DE NOZAN, à demi-voix.

Vous qui seriez sa mère.

Le petit sot!

Mme DE MELCOUR.

Sa mère !

Mme DE NOZ AN.

Et voilà donc pourquoi

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