‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 70 sur 214 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

MELCOCR.

Madame, franclienieiit Dans un cœur maternel ce courage me blesse.

Mme DE MELCOUR.

De ma fille, en un mot, monsieur, je suis maîtresse, Et maîtresse absolue.

{Elle veut, soi-tir. ) M EL COUR i arrête encore.

Oui, mais pour son bonheur, Et le mien en dépend; je dis ['lus, mou honneur. Que diroit-on par-tout? que c'est la mon ouvrage ; Qu'une ame intéressée a fait ce mariage. Dans un monde frondeur, et ne pardonnant rien. Qui voit tout, rit de tout, blâme... même le bien. Les uns m'accuseroieut d'une couj)able adresse; D'autres, plus indulgents, d'une lâche foiblesse.

M""^ OE MEi.COUR.

Le monde est ridicule, inju.ste, faux, jaloux....

M ELCOL'R.

Voici présentement ce qu'il diroit de vous...

Mme DE MELCOUR.

Je sais le mépriser, et m'en tiens a bien faire.

Que Julie... a sans doute une excellente mère. Mais qu'elle vous plaît moins, oui, moins depuis un temps; Que peut-être elle a tort d'avoir déjà seize ans; Que de jeux, de plaisirs , de fêtes entourée , Vous ne haïssez pas de vous voir .idoréc... Eh ! que sais-je? Madame , ils seroient assf-z fou< Pour aller vous prêter des sentiments jaloux.

1 lo LA MERE JALOUSE.

«nie pE MEI.COIJ R.

Quoi ! monsieur...

M ELCOUR.

Au couvent vous l'auriez retenue Deux ans de trop. Ici personne ne l'a vuej Vous avez tout-à-coup suspendu vos concerts; Vos soupers, si brillants, sont aujourd'hui déserts; Ces migraines d'ailleurs, ces nerfs, ces bouderies, La scène du taldeau , celle des Tuileries , Et Terville éconduit, et Jersac préféré : Faut-il vous parler net, enfin? Je les croirai, .Si je ne suis ici détrompé par vous-même.

Mine DE MELCOUR, prête à sortir.

S'il faut vous détromper en changeant de système , S'il faut, pour des caquets, rompre un engagement, A monsieur de Jersac faire un sot compliment , Le chasser, accepter un étourdi pour gendre , De vos soupçons, monsieur, rien ne jieut me défendre, Et j'ose m'y livrer.

{Madame (le Nozan reparaît et s'arrête dans le fond.)

Au surplus, je vous voi, Vous, madame, Vilmoii , tous ligués contre moi; Mais ma fille peut-être obéit à sa mère ; Je dispose des biens que m'a laissés .'son père; J'ai mon avis aussi; j'ai des droits, un pouvoir,

[d'un ton plus doux. ) Et je m'en vais songer à les faire valoir.

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