‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 119 sur 200 · LE CHEVALIER, LA COMTESSE, LE COMTE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, LA COMTESSE, LE COMTE

LA COMTESSE

Quand, pour calmer, d'Elcour, de trop justes frayeurs, Votre bouche avoua quelques torts de jeunesse , Je n'ai pas dû penser que ces aveux trompeurs Fussent un voile heureux, une perfide adre,sse. Pour nous cacher encor de coupables erreurs.

i68 LE JALOUX SANS AMOUR.

LE COMTE

Je VOUS l'ai déjà dit , madame , Que votre amitié pour ma sœur

A d'injustes soupçons avoit ouvert votre ame.

D'Elcour est mon ami; je réponds de son cœur.

LE CHEVALIER, à part.

Que prétend-elle donc? Je n'y peux rien comprendre.

LE COMTE

Oui, vous devez compter sur lui.

LE CHEVALIER

Mais est-ce tout de bon qu'on m'accuse aujourd'hui? Et sérieusement faudra-t-il se défendre?

LA COMTESSE

Vous deviez employer des confidents discrets, Monsieur le chevalier; on a dit vos secrets. C'est à monsieur de voir s'il veut , ami fidèle ,

Donner pour époux à sa sœur Un homme qui , tout près d'en être possesseur.

Arrange une intrigue nouvelle;

Et qui, prétendant, tour-à-tour.

De devoirs, de plaisirs remplir sa destinée,

Veut apparemment que l'arnour

Le console de l'hyménée.

LE COMTE

Propos !

LE CHEVALIER, à part.

si j'avois pu lui dire mon dessein !

LA COMTESSE, OU clievalier.

Osez les réfuter; si c'est une imposture. On n'a pas vu tantôt une lettre, un écrin?...

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