‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 120 sur 200 · ACTE IV, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII

LE CHEVALIER, à part.

Ciel!

LE COMTE

Un écrin !...

LE CHEVALIER

Madame , j e vous jure Qu'on vous a mal expliqué mon projet; Que de mes vœux , de ma tendresse , Votre sœur est l'unique objet; Que mon cœur tout entier pour elle s'intéresse.

LA COMTESSE

Vous éludez.

LE CHEVALIER, bas.

Que faites-vous?

( à part. ) Mais vous me trahissez. J'enrage!

LA COMTESSE

Faut-il que je trahisse une sœur, un époux? LE CHEVALIER, dc même.

Laissez-moi faire.

LA COMTESSE

Quel langage!

Que je vous laisse faire !

LE COMTE

Eh bien! cet embarras...

LA COMTESSE

Monsieur, l'aventure est réelle; El j'ai même su de la belle .lusques au nom , que je ne cherchois pas : .Sophie.

LE COMTE, à part.

O ciel !

LE CHEVALIER, à pari.

Le mot est lâché !

LE COMTE , à part.

Que dit-elle?

Veut-elle me confondre? ou dois-je voir en lui Un perfide rival ?

LA COMTESSE

c'est ainsi qu'on l'appelle.

OseE me démentir; la connoissez-vous?

LE CHEVALIER, avec embarras.

Oui.

LA COMTESSE

J'ai donc fait un récit fidèle.

LE COMTE, en colère.

Monsieur !

LE CHEVALIER

Eh bien?

LE COMTE, de même.

Défendez-vous.

Il n'est plus temps de rire, et l'aventure est telle.

LE CHEVALIER

Je parlerai.

J'y compte.

LE CHEVALIER

Quel courroux!

Un cœur ne sauroit , entre nous.

Pousser plus loin l'amitié... fraternelle.

Page 1