‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 144 sur 200 · ACTE V, SCENE XVIll · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE XVIll

Elle écrivoit pour lui ce billet assez tendre, Lt sa femme prétend que non.

LE CHEVALIER

Il se trompoit; la lettre est écrite à d'Erbon.

LE MARQUIS

Eu voici bien d'une autre!

Ah ! le bourreau !

LE CHEVALIER

D'Oison ,

J'accuse la comtesse, et je vais la détendre. ( à part. ) Voici l'instant de ne rien ménager.

( haut. ) La lettre est pour d'Erbon : on vouloit l'engager A venir répéter un bouquet qu'on apprête Pour célébrer parmi nous votre tète.

Voilà le noir complot qui causoit ton effroi, Et qu'on vouloit couvrir des voiles du mystère. LE COMTE, relisant.

Que vois-je? qu'ai-je fait? Eh quoi!

Quand je forme contre elle un dessein téméraire. Elle prépare une fête pour raoil

LE MARQUIS

Eh oui ! je le sa vois, rien n'est plus véritable.

LE CHEVALIER

{à pari.) {haut.)

Frappons les ilerniers coups. Ce billet si pressant T'a fait connoitre un cceur que tu jiijjeois coupabl*^;

( lui donnant une lettre. ) ' Connois encor celui que tu crois innocent. LE COMTE , avec transport, mais d'une voix étouffée. Sophie ! un rendez-vous ! et pour toi !

( Le comte demeure comme accablé. )

Justement.

J'ailois en venir là.

LE CHEVALIER, à part.

Ce dernier coup l'accable.

LE MARQUIS

Ah! ah ! libertin , effronté !

Ah ! ce qu'on m'avoit dit étoit donc vérité?

LE CH EVALI ER

Pardonnez; le remords le presse.

LE MARQUIS

M'avoir, par un beau masque , abusé si long-temps !

Me voir sa dupe à soixante ans!

Me faire aller par-tout exalter sa sagesse ! [Le comte se relève pour parler. ) LE CHEVALIER, ttu morcfuis.

Ah ! daignez l'écouter.

LE COMTE, ù mademoiselle dOrson.

Voilà d'Elcour, ma sœur; Voulez-vous l'épouser?

Mlle d'or SON.

Quand vous voudrez, mon frèit LE COMTE, au chevalier, en lui prenant la main. c'est en le déchirant que tu guéris mon cu-ur

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