‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 17 sur 200 · ACTE II, SCENE IV. ^y · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. ^y

SCÈÏSE TV.

ARCÈS, SÉSOSTRIS.

SÉSOSTRIS

Cher prince, vos succès ont passé mon attente.

Quek honneurs, quels bienfaits, quelle grâce éclatante.

Peuvent récompenser des exploits si fameux?

Né du sang des héros, vous triomphez comme eux.

L'Egypte vous doit tout : votre heureuse victoire

Assure en même temps son repos et sa gloire.

Mon sceptre pour jamais est par vous affermi.

Et le Cretois dompté n'est plus notre ennemi.

Au bonheur de l'Egypte Arcès est nécessaire.

Pour payer vos bienfaits, parlez, que puis-je faire?

Au trône avant ma mort faut-il vous élever?

Ces états que si bien vous savez conserver,

Faut-il que Sésostris avec vous les partage?

AI\CÈS.

Je ne désire point un si grand avantage;

Et si pour quelques vœux j'élève au ciel ma voix.

C'est pour vous voir long-temps au trône où je vous vois.

Daignez m'instruire encor : mais puisque avec franchise

Votre bonté, seigneur, à parler m'autorise,

Il est un prix qu'Arcès ose attendre de vous;

Pour moi de vos bienfaits ce sera le plus doux.

SÉSOSTRIS

N'eu doutez point, mon fils, s'il est en ma puissance, Vous pouvez l'exiger de ma reconnoissance.

•>8 OKPHANIS.

Quel est-il?

A RCÈS.

Ah ! mon cœur ressent tant de bonté.

■Seigneur, vous connoissez cette jeune beauté A qui vous tenez lieu de père et de famille , Que déjà vos bienfaits font nommer votre fille. Ses grâces, ses vertus, tous ses charmes puissants. Que vous-même admirez, ont subjugué mes sens. Orphaiiis...

SÉSOSTRIS

Vous l'aimez!... Ciel ! que viens-je d'entendre

Hélas! de cet amour je n'ai pu me défendre. Décidez de mon sort : c'est sa main qu'à genoux Le vainqueur des Cretois ose attendre de vous.

SÉSOSTRIS

.Je ne vous dirai point que, du trône éloignée ,

Pour régner sur l'Egypte Orphanis n'est point née;

Mais je vous apprendrai qu'idamas en ces lieux

Vient d'obtenir la paix; que , pour l'assurer mieux ,

Idoménée enfin demande qu'Hirzanie

Par des nœuds éternels avec vous soit unie.

J'ai juré cet hymen, et vous devez juger

Que rien de mes serments ne peut me d-'gager.

ARCÈS.

Vous avez tout promis , je n'ai rien à vous dire. . . Avant qu'à cet hymen Arcès puisse souscrire, Vous le verrez plutôt... Ah! pardonnez, seigneur, .\n\ éclats imprudents d'une trop vive ardeur ; l'ardonnez ces transports à la douleur extrême

Page 1